Le hasard a voulu que je lusse (oui, oui) Le Labyrinthe inachevé quelques jours après Quelqu’un à qui parler, qui traite également de deuil, de solitude paternelle, de passé à rattraper, etc. Force est d’admettre que le premier album est un ton au-dessus, notamment parce qu’on y trouve quelque chose comme une véritable ambition graphique : Jeff Lemire ne se contente pas de dessiner correctement – entendre efficacement –, il propose un minimum de recherche quant au trait, à la mise en case, aux couleurs… On n’est certes pas dans l’expérimental, ni dans le chef-d’œuvre – principalement, me semble-t-il, à cause d’un scénario qui a tendance à ronronner sans apporter grand-chose de mémorable –, mais enfin Le Labyrinthe inachevé vaut qu’on l’emprunte dans une bibliothèque et qu’on le lise sans déplaisir.