L'album commence bien, d'emblée féministe : Valérian a la grosse tête, et s'il assure la mission, il se laisse un peu déborder par les propositions alcoolisées des colons qu'il rencontre. Heureusement, Laureline prend les choses en main quand il n'est plus en état... Voilà un héros profondément humain, donc imparfait, qui se fait bien recadrer par Laureline. De l'humour pour commencer, voilà qui est plaisant.


Mais le cœur de l'album se trouve être la confrontation entre deux cités sur la planète Zahir : à Malka, ce sont les femmes qui dominent. Des femmes brutales, rustres et viriles, qui exploitent les hommes, catégorie méprisée perçue avant tout comme de la chair à canon, et dont seuls les meilleurs seront éventuellement utilisés pour la procréation. Des hommes qui ont complètement intériorisé leur infériorité. Bizarre, ça me rappelle quelque chose... A Valsennar, la situation est très différente, ce sont les hommes qui dominent, avec un empereur efféminé qui vit dans un "palais de princesse". Ces hommes se parfument, sont sensibles à l'art et à la beauté, mais exploitent les femmes, qui font la guerre !


Laureline et Valérian se retrouvent au milieu de cette guerre, avec l'objectif de l'arrêter et de trouver une solution car leur planète, creuse, déviée de son orbite, se dirige directement vers une colonie de terriens... Mais contrairement à nous autres humains qui ne nous donnons pas les moyens d'empêcher le réchauffement climatique en cours, les différentes composantes des habitants de Zahir sauront bien sûr se mobiliser pour éviter la catastrophe (qui était toutefois imminente, à la différence de ce qui nous arrive en ce moment). C'est un peu facile, avec une fin un peu rapide, plutôt bâclée.


Sur le plan du dessin et du scenario, ce n'est clairement pas un des meilleurs albums de la série. Certains dessins sont même très laids , il faut bien le dire...


Toutefois, l'album est amusant, féministe, à la fois à travers la figure de Laureline et avec la description de mondes fortement sexualisés et fondés sur d'absurdes inégalités. Il mérite donc d'être lu.

socrate
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Valérian, Laureline, et moi ! et Pierre Christin

Créée

le 27 déc. 2018

Critique lue 226 fois

socrate

Écrit par

Critique lue 226 fois

5

D'autres avis sur Le Pays sans étoile - Valérian, tome 3

Le Pays sans étoile - Valérian, tome 3

Le Pays sans étoile - Valérian, tome 3

7

_Kitu_

327 critiques

Le recette qui fait mouche

Le premier tome n'était pas exempt de défauts car l'intrigue allait trop vite, avec beaucoup d’ellipses et la complicité entre Valérian et Laureline n'était pas encore bien définie. Le deuxième tome...

le 4 nov. 2015

Le Pays sans étoile - Valérian, tome 3

Le Pays sans étoile - Valérian, tome 3

9

Muffinman

369 critiques

Le Pays sans étoile (1971)

Valérian & Laureline font le tour des planètes du système d'Ukbar pour rendre une dernière visite aux colons terriens nouvellement installés. Ainsi commence Le Pays sans étoiles. Mais à chaque...

le 1 nov. 2016

Le Pays sans étoile - Valérian, tome 3

Le Pays sans étoile - Valérian, tome 3

8

estonius

6585 critiques

Absurde mais beau

Une fois qu'on a accepté le concept de base absurde de planète creuse (Non, Christin, une planète errante entrant dans un autre système, ça ne va pas faire une super novae) il s'agit d'un très bon...

le 2 févr. 2023

Du même critique

Ma liberté de penser

Ma liberté de penser

1

socrate

1001 critiques

Ma liberté de tancer

Cette chanson est honteuse, un vrai scandale : il est absolument inadmissible et indécent de tenir de tels propos quand on gagne plusieurs millions d'euros par an, alors que des tas de gens galèrent...

le 12 avr. 2012

La Ligne rouge

La Ligne rouge

4

socrate

1001 critiques

T’es rance, Malick ?

La ligne rouge, je trouve justement que Malick la franchit un peu trop souvent dans ce film, malgré d’incontestables qualités, que j’évoquerai tout d’abord. La mise en scène est formidable, la photo...

le 21 sept. 2013

Ernest et Célestine

Ernest et Célestine

9

socrate

1001 critiques

A dévorer à pleines dents !

Pour tout dire, je ne savais rien de ce film avant d’aller le voir, je craignais une histoire un peu gnangnan pour bambin à peine sorti du babillage. Bref, j’y allais surtout pour accompagner la...

le 10 janv. 2013