Je suis passé complètement à côté de la vague des polars suédois. Il faut dire que le genre lui-même de l'enquête policière ne m'intéresse pas vraiment, à quelques exceptions près. J'aime bien Simenon, car on entre dans le rythme de vie de Maigret, on sent quand il a des coups de pompe, quand il a la pèche, etc... Ou bien lorsqu'on arrive à sentir la radiographie d'une société, mais c'est difficile de le faire sans que cela soit artificiel. En-dehors des quelques auteurs qui se démarquent, c'est un genre qui pour moi relève un peu trop de la construction intellectuelle un peu vaine, et la popularisation des recettes clés en main pour construire une intrigue ne risque pas de rendre le genre plus attractif à mes yeux. Tout cela pour dire que ma note tient compte de mon peu d'intérêt personnel pour les romans d'enquête policière.
L'histoire se passe à la fin des années 1960, on retrouve huit personnes d'un bus proche du terminal massacrées à la mitraillette. Parmi elles, un policier de la criminelle qui n'était pas en service et un homme avec de l'argent dans ses poches et le visage complètement défiguré par les balles. On ne suit pas un seul inspecteur, mais toute l'équipe, qui suit chaque piste, même les plus insignifiantes - et c'est l'une des plus ténues qui finit par se révéler payante. Il y a un peu d'érotisme, un certain flegme décontracté, qui n'exclut pas l'éclatement brutal de la violence, chez ces policiers suédois. Les graphismes sont bons, avec souvent des expressions faciales en gros plan. Le découpage est classique, et comme cela se passe en ville, on est la plupart du temps dans des bureaux, des immeubles, des garages, etc...
C'est de bonne facture, mais comme je le disais, c'est le genre de livre que j'oublierai aussitôt rendu à la médiathèque.