Quand Spirou voit rouge, mais que l’histoire reste en demi-teinte

Avec Le Rayon noir, 44ᵉ tome des aventures de Spirou et Fantasio (1993), Tome et Janry continuent de moderniser la série en explorant un mélange de comédie, de science-fiction, et de satire sociale. Mais si le concept promettait des éclairs de génie, le résultat ressemble plutôt à une ampoule qui clignote : parfois brillant, souvent un peu faible.


L’histoire commence sur une note intrigante : Spirou et Fantasio se retrouvent au cœur d’une affaire liée à un rayon capable de révéler la véritable personnalité des gens, avec des conséquences aussi hilarantes que dérangeantes. Mais si l’idée est originale, son développement reste superficiel, avec des péripéties qui s’enchaînent sans vraiment donner de corps au récit. On rit un peu, on s’amuse, mais on peine à être vraiment captivé.


Spirou et Fantasio, fidèles à eux-mêmes, jouent bien leurs rôles respectifs : Spirou en héros stoïque mais un peu dépassé, et Fantasio en excentrique toujours prêt à se mettre dans des situations improbables. Malheureusement, leur duo peine à retrouver la magie des grands classiques. Les interactions manquent de punch, et les seconds rôles, bien qu’amusants, n’apportent pas grand-chose à l’intrigue. Mention spéciale tout de même à quelques moments où Spip, fidèle écureuil, vole la vedette avec des interventions bien senties.


Visuellement, Janry reste au top de sa forme. Les décors, les expressions des personnages, et les mises en scène regorgent de détails et d’énergie. Le style, fluide et moderne, est l’un des points forts de l’album, et les scènes impliquant les effets du rayon noir sont particulièrement réussies. Malheureusement, cette qualité graphique ne suffit pas à masquer les failles du scénario.


Le problème principal de Le Rayon noir, c’est son ton inégal. Le mélange d’humour et de critique sociale fonctionne par moments, mais tombe souvent dans le cliché ou l’exagération. Les gags sur les travers humains révélés par le rayon sont amusants, mais prévisibles, et l’intrigue principale semble s’essouffler avant d’avoir vraiment décollé. L’ensemble manque de la profondeur et de la subtilité qui caractérisaient les meilleurs albums de la série.


En résumé, Le Rayon noir est un album sympathique mais qui peine à briller dans la constellation des aventures de Spirou et Fantasio. Tome et Janry offrent une idée prometteuse et un style visuel irréprochable, mais l’exécution laisse à désirer, avec une intrigue qui manque de mordant et un humour qui oscille entre le réussi et le convenu. Une lecture agréable, mais qui ne restera pas gravée dans les mémoires comme une révélation éclatante.

CinephageAiguise
6

Créée

le 13 déc. 2024

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