Au milieu des années 2000, l'un des plus grands scénaristes franco-belges disait au revoir à ses personnages cultes. Il y a eu XIII, dont l'arc narratif se concluait de façon tout à fait pertinente et satisfaisante. Et il y a eu Thorgal. Situation plus épineuse tant le héros semblait mort à l'issue d'un tome 27 magistral.
Choisissant de le garder en vie mais dans un état lamentable, Van Hamme doit désormais le guérir pour qu'il accède à une happy end bien méritée, avec sa femme et ses enfants. C'est donc un tome prétexte, sorte de bingo grossier de la série, où tout se mélange dans une aventure sans goût avec pour but de soigner Thorgal, de clore son errance loin de son foyer natal, de faire un tour d'horizons de tout ce que la série nous a raconté lors de cette trentaine d'albums. Les références (sans intérêts ni pertinences) fusent, Thorgal avance sans que ni lui ni nous ne comprenions trop son périple, les deus ex machina s'enchaînent à un rythme affolant et aberrant. Van Hamme s'amuse également à déclarer son amour inattendu pour le personnage de Fatalis...
Et pourtant je ne désavoue pas cet album… Tout d'abord car il n'est jamais facile de conclure une œuvre aussi titanesque, et que l'épopée de l'enfant des étoiles trouvait ici une fin à minima cohérente. Loin de la surexploitation qu'a subi la licence suite au départ de son créateur. Et le temps de ces derniers pages, l'émotion revient, puissante, sincère. Thorgal a combattu. Thorgal a aimé. Thorgal a vécu. Et c'est désormais un père qui laisse partir son enfant vers sa vie adulte, une larme à l'œil. Au revoir Thorgal …