Aaricia n'a pas pris une ride par rapport à son mari grisonnant
Pour cet ultime tome de Van Hamme, on ne peut pas dire que le scénariste se soit vraiment foulé. Son récit est assez faible et consiste plus à faire le point au milieu d'une accumulation de références plutôt qu'à raconter quelque chose.
Le récit est en effet assez plat, les conflits sont rares, les résolutions faciles. Et puis surtout c'est trop densé, mal rythmé, au point que la fin est bâclée comme jamais, avec trop d'évènements en peu de pages. Pas le temps donc de profiter de chaque situation ni même des personnages qui se voient à peine survolés.
Rosinski, de son côté, s'en fout un peu de cette histoire. Ce qui lui importe c'est sa nouvelle technique graphique. Technique qui me laisse mitigé. D'un côté il y a quelques beaux paysages, de belles couleurs, d'un autre, le découpage s'en laisse ressentir et la moindre petite erreur est accentuée. Par exemple les visages sont encore moins reconnaissables d'une case à l'autre et s'il n'y avait pas une histoire, un contexte, et une telle distinction entre les personnages, il serait facile de se perdre. Le découpage s'en laisse ressentir parce que Rosinski doit parfois simplifier les choses sans doute par manque de temps ou tout simplement parceque la technique l'exige. N'empêche que certaines cases sont magnifiques ; c'est toujours dans les jeux d'ombre que le dessinateur se montre le plus efficace.
Bref, le dernier album de Van Hamme déçoit, on s'attendait à mieux pour lui tirer sa révérence. Il est amusant de constater qu'il lance Sente sur les mêmes débuts qu'il a connus, à savoir placer le héros en servitude d'un maître. Rosinski, enfin libéré du joug de son scénariste s'adonne pour le meilleur mais aussi pour le pire à une technique qu'il souhaitait appliquer depuis longtemps.