Le héros sculpteur de ce tome est l'artiste typique qui veut trop en faire. Comme son auteur ?
Doté d'un trait bon trait et d'une sensibilité certaine dans ses persos, Scott McCloud s'embarque dans l'aventure New Yorkaise avec héros adulescents artistes à la dèche. Why not, mais il ne s'arrête pas là, il a l'excellente idée d'y ajouter un trait de fantastique. Mieux il décide de brouiller les pistes, notamment dans les dialogues avec quelqu'un dont on ne sait plus trop si il juste le fruit de son imagination. Le reste aussi ? Ses pouvoir, la fille qui débarque de nul part ? En tout cas le pouvoir métaphorique est important.
Mais dites moi, c'est bien alléchant tout ça, non ? Oui, sauf que voilà Sans maîtrise la puissance n'est rien, disait Bibendum. Et McCloud croule sous le fardeau de son talent. Des scènes Nan, mais trop vrai, aux scènes de d'amitié trop profondes, parce que sans tes amis t'es rien, la sexualité/amour casual en mode on s'en fout trop des stéréotypes de la sociétés, des vannes par-ci par là. Il ne manquerait plus que de tenter d'imiter Robinson et Thompson… ha ben si, ça aussi c'est là, on croule dessous. C'est le bingo de la BD indépendante américaine.
Par moment le livre touche et fait rire, mais tout devient très démonstratif. Comme notre sculpteur qui veut que tout le monde le voit sur la place publique, McCloud s'exhibe au lecteur, avec un nombre de tours (et de repompages…) lassants. Tout ça pourquoi au final ? Pour te dire que le monde de l'art est pourri par le fric, que personne comprends le vrai talent des vrais artistes, mais que à la fin c'est toujours la vie et l'amour qui triomphent. Mais grave.