Alexandre est un médecin méticuleux qui a appris le pragmatisme de la manière la plus dure qui soit. Il travaille désormais pour la pègre et a l’habitude de s’occuper de malfrats violents. Mais quand un homme le menace en lui demandant de soigner sa morsure de vampire, Alexandre ne sait que penser.
Mathieu Gabella est un scénariste vétéran de la bande dessinée. Plutôt habitué à l’Histoire, il utilise le trait dynamique de Mickaël Bourgouin pour illustrer cette histoire fantastique.
Techniquement, Le Serment est une bande dessinée d’Urban fantasy, mais le mythe des vampires est tellement usé que c’est un sujet très délicat à traiter en 2025. Heureusement, Mathieu Gabella trouve une idée originale pour démarquer son histoire. Ce n’est pas forcément génial et il y a même à redire sur le fond, mais l’hypothèse se défend. La profusion de détails médicaux peut surprendre, mais ils ne servent qu’à ancrer le scénario dans la réalité cartésienne afin de mieux amener sa dimension fantastique.
Si le déroulement peut paraître classique, il s’intéresse néanmoins à un élément crucial : le serment d’Hippocrate. Ce serment est opposé au bon sens du médecin, mais l’empêche également de jouer à Dieu avec ses patients. L’histoire pose d’ailleurs un problème très actuel : jusqu’où s’arrête la liberté du malade et où commence l’imposition des soins « pour le bien supérieur ». Ce serment est là justement pour empêcher que la volonté du médecin remplace le libre arbitre du patient, et cette histoire tente de le démontrer.
La bande dessinée y parvient avec une certaine maladresse, car le débat n’est pas vraiment tranché. Par ailleurs, la chute en abîme est également maladroite. Mais le trait dynamique ainsi que le sujet intéressant en font quand même un récit attrayant qui se lit avec plaisir. À découvrir.