Le Sommet des dieux, tome 1, c’est un peu comme se retrouver face à l’Everest : vous savez que ça va être grandiose, exigeant, et peut-être un peu glaçant. Baku Yumemakura et Jirō Taniguchi nous entraînent dans une aventure où les sommets enneigés ne sont que le décor d’un récit profondément humain. Préparez-vous à un mélange de souffle coupé et de frissons (littéraux et figurés).


L’histoire suit Fukamachi, un photographe en quête de vérité, qui tombe par hasard sur un appareil photo ayant appartenu à George Mallory, alpiniste légendaire. Cette découverte l’entraîne dans une obsession qui le pousse à croiser le chemin de Habu Joji, un alpiniste aussi mythique que mystérieux. Ce n’est pas juste un manga sur l’escalade : c’est une enquête, une quête spirituelle et une plongée dans les tréfonds de l’âme humaine.


Visuellement, Taniguchi est à son sommet (sans jeu de mots). Chaque page est un tableau. Les montagnes, magnifiquement dessinées, ne sont pas juste un décor, elles sont des personnages à part entière. On ressent leur grandeur, leur dangerosité et leur beauté écrasante. Quant aux scènes d’escalade, elles sont si détaillées et immersives que vous risquez d’avoir le vertige en lisant confortablement installé dans votre canapé.


Le récit est un modèle de tension dramatique. Yumemakura sait distiller le suspense et faire monter la pression. On est suspendu aux révélations, aux flashbacks et aux dialogues qui explorent des thèmes universels : l’ambition, la solitude, le dépassement de soi. Habu, en particulier, est fascinant dans son obsession pour les cimes. Il est à la fois héroïque et tragique, un homme qui semble se battre autant contre les montagnes que contre lui-même.


Et pourtant, Le Sommet des dieux ne se perd jamais dans le pathos. Il y a une sobriété, presque une austérité, qui reflète la dureté de la montagne. Les émotions sont là, mais elles sont contenues, comme si chaque personnage avait appris à les enfouir sous des couches de neige et de glace.


En résumé : Le Sommet des dieux, tome 1 est une ascension littéraire et visuelle. C’est une lecture exigeante, mais incroyablement gratifiante, qui vous fera ressentir la grandeur des montagnes et la profondeur des âmes humaines. Un chef-d’œuvre qui vous laisse avec une seule certitude : même sans crampons, la bande dessinée peut vous emmener très, très haut.

CinephageAiguise
8

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le 6 déc. 2024

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