De fait, ce manga de Miyazaki librement adapté d'un conte tibétain trouverait plus sa place dans une liste de 1983, mais on se calera comme beaucoup sur la tardive traduction, 40 ans après, qui nous voit arriver cet embryon. Embryon de ? J'ai beaucoup pensé à Mononoké qui reprend la même structure ( un prince quitte son village isolé pour trouver une solution à un problème écologique, ici l'absence de grains d'orges fertiles, et découvre un monde violent, esclavagiste et de vieux Dieux tapis au fond de la forêt). Mais le traducteur note des idées reprises dans Nausicaa (scénarisé en parallèle, forcément) et d'autres qui finiront même dans l'adaptation de Le Guin par le rejeton : les Contes de Terremer. L'angoisse d'une civilisation coupée de la nature (sous forme d'agriculture ici et dépendante d'importations marchandes) sourd ici un récit simplifiée mais pas tout à fait avare en symbolique biscornue (au delà du conte de fée, et de la "princesse" qui donne un défit pour l'épouser : la souterraine traque des esclaves laisse entrevoir une noirceur encore voilée...).