Les Basses Oeuvres
6.8
Les Basses Oeuvres

BD franco-belge de El Diablo et Nicolas Gemoets (2026)

Gangsta style, mafiosi en carton, super-héros improvisés, bas-fonds de L.A.

Panoplie de bras cassés, mais pas non plus des gros cassos.

Attention, effusion de sang, c’est cash, assumé, c’est réservé aux grands.


Allez, après cette parodie d'impro qui espère bien se marier avec l'esprit de la BD, passons aux choses sérieuses !


C’est le grand retour d'El Diablo avec un projet qui, à la base, était publié en webtoon en 2022, avant d’être adapté en version album chez Les Humanoïdes Associés. C’est donc aujourd'hui un bon gros pavé de 440 pages, proposé à un prix plutôt attractif (29,95€). Bon, forcément, il y a un petit compromis : on rogne un peu sur la qualité de fabrication avec du souple. Mais franchement ça fait le taf, et surtout ça permet de proposer quelque chose de pas trop exorbitant pour un tel volume. Et puis j'imagine que pas mal d'éditeurs auraient encouragé les auteurs à partir sur deux tomes plutôt qu'un, et on s'en serait sorti à quelque chose comme 50 balles !


Bref, ici on a aux manettes El Diablo, l'auteur de Carcajou. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore, c’est aussi Les Lascars, ou les Monkey Business (qu'il me reste encore à découvrir) ! Il a aussi participé aux DoggyBags du Label 619 et enfin, il a sorti une BD l'année dernière, Bellicus, dont je n'avais pas du tout entendu parler mais bien appréciée côté de la librairie BD16.


Dans les Basses Œuvres, il s’associe à un dessinateur, Nico Gems, pour qui c’est une première. C’est marrant parce qu’El Diablo avait déjà fait ça sur Carcajou, avec Djilian Deroche, un dessinateur qui en était aussi à une première grosse œuvre et qui s'était aussi longuement investi.


Ici, on est vraiment dans une lecture type “junk food" comme le disait justement le collègue Machab' à propos des Gung Ho. Mais ici c'est dans un tout autre style, quelque chose de vraiment cool et avec un bon niveau de divertissement proposé.


Il y a de l’absurde, pas forcément énormément de profondeur dans les propos, mais clairement ce n'est pas l’effet recherché. Les dessins sont énergiques, avec un style bien à part, qui va vraiment bien avec le récit, même si parfois il y a des moments où on se perd un peu niveau compréhension.


C’est violent, assez gore, mais jamais dur à regarder, une violence hardcore qui passe bien. On suit toute une ribambelle de personnages, des bras cassés, des mafiosi un peu paumés, et une histoire se dessine petit à petit. Pas si classique que ça, d’ailleurs.


J’ai retrouvé par moments des sensations proches de DoggyBags, avec ce côté fantastico-horrifique, ultra gore, souvent ancré dans une Amérique un peu crade. Et ici, avec Hollywood en toile de fond, on est totalement dans ce registre. Du coup, ce n’est pas étonnant de voir qu’El Diablo a bossé avec le Label : il en a clairement l’esprit, surtout celui des productions de la décennie passée.


Au final, c’est une lecture vraiment très cool, on sent que ça pourrait presque être adapté en animation, et quand on sait qu’El Diablo a bossé sur Les Lascars, ça serait assez naturel.


Je recommande clairement pour passer un bon moment avec une lecture sans prise de tête et qui fait largement le taf !

Ben-Ardo
7
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le 16 avr. 2026

Critique lue 28 fois

Ben Ardo

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