C'est alors qu'ils assuraient une série de concerts pour Bruno Coquatrix à Paris que les Beatles, après avoir conquis le Royaume-Uni, ont crevé les charts outre-atlantique. C'est cette période de transition, entre début de notoriété et statut de superstar, que cette bande dessinée s'efforce d'explorer, de manière visiblement documentée.
Il y a même un index des personnages à la fin avec de petites biographies.
Sauf que ça ne prend pas.
Le graphisme manque d'uniformité, et les visages des Beatles sont insuffisamment individualisés. Ce n'est pas très joli. La composition de certaines pages est à revoir, les attitude sont souvent assez statiques, figées.
L'histoire est mal expliquée, avec des allers-retours chronologiques mal amenés qui perdent le lecteur.
La BD mise sur l'atmosphère, montrant de grands garçons immatures, encore proches de lycéens bébêtes, qui croisent beaucoup de célébrités. Les auteurs semblent hypnotisés par leur propre name-dropping (De Burt Lancaster à Françoise Hardy, en passant par les Ronettes). Mais ça ne fait pas une BD. Et au fonds, si vous me demandiez vraiment le message de cette bande dessinée, je serais incapable de vous le donner. C'est juste un exercice de fétichisme qui tente la reconstitution d'une époque, sans véritable vision à proposer. Un musicien a besoin de savoir faire sa propre promotion ? No shit Sherlock.
Bref, il y a sans doute mieux à lire. Je suis assez désabusé de la façon dont l'amour pour les Beatles suscite des ouvrages médiocres (je pense à la biographie de John Lennon par Fottorino).