Ouvrir chaque volume des Enfants de la mer donne l’impression d’être au musée : nous sommes accueillis par une planche ou plutôt un tableau représentant la mer et le ciel (supplément nuages). On s’attarde sur le détail ou l’ensemble, on compare les planches d’ouverture. Bref on joue au petit critique d’art. Et c’est assez grisant de se laisser emporter par ces vues, de s’imaginer face à elles pour de vrai. On pourrait même s’arrêter là.
Limiter un manga à la première planche de ses volumes est sans doute un peu extrême aussi poursuivons l’aventure : tournons les pages ! On suivra Ruka, une jeune fille aux parents séparés, éjectée de l’équipe de handball de son école car elle joue un peu trop dur mais qui va pourtant vivre des vacances d’été peu communes. Comment ? Grâce à la rencontre de deux garçons singuliers. Par leurs propos comme par leur capacité à se mouvoir dans l’eau. Ils brillent dans cet élément. En parallèle il y a quelques micmacs dans les mers, les musées océanographiques et les océans et… tout cela finira par être lié. Des enjeux économiques sont également présents, que l’on pourrait être tenté de voir comme une préfiguration de Designs.
Outre notre trio, des adultes seront aussi de la partie même si certains demeurent peu développés voire assez anecdotiques. Des témoignages viennent entrecouper le récit et ainsi combler certains éléments de l’intrigue. Intrigue qui n’est pas linéaire car des retours dans le passé ont lieu. Dans l’ensemble on ne s’y perd pas. On nage, on plonge, on a un bel aperçu d’une partie de la faune et flore marines, Daisuke Igarashi sait dessiner tous les types d’êtres vivants ou non. Et se tisse devant nous un grand récit ou croyances et sciences viennent se mêler pour nous donner à comprendre d’où l’on vient à défaut de savoir où l’on va.
Cette dimension métaphysique est plutôt digeste même si je trouve que le récit s’étire trop et qu’il aurait été préférable amha de concentrer un peu plus l’arc final qui m’a un peu lassé. L’autre point dommageable concerne un travail de relecture imparfait car il y a des coquilles dans les bulles, concentrées dans les premiers volumes.
{L’avis porte sur l’édition française des Enfants de la Mer parue chez Delcourt/Tonkam}