Non. Pour moi la formule est juste trop lourdingue. On suit la grande "Histoire" du retour au pouvoir du Général De Gaulle à travers la petite lucarne de ses gardes du corps.
Alors ok de leur point de vue le Général il devait être génial mais en 2026 on mérite mieux que ça, enfin en tout cas moi je vois pas l'intérêt de me resservir la même histoire que j'entends depuis mes 15 ans. Mais vu que la moitié des adultes de ce pays apprécie qu'on leur raconte des comptines pour qu'ils puissent dormir tranquille la nuit, je pense que cette BD a des chances de succès. "En 1958, la France était au bord de la guerre civile mais HEUREUSEMENT, le Général a bien voulu redescendre des cieux pour racheter les péchés de tous les Français, au premier rang desquels la QUATRIÈME RÉPUBLIQUE".
Plus douloureux à endurer encore est la façon dont on parle des résistants Algériens qui ont libéré leur pays de la domination coloniale. Alors oui encore une fois, c'est une œuvre de fiction, qui nous laisse la liberté de vivre les événements à travers les yeux de certaines personnes choisies de cette époque. Mais aujourd'hui, créer une nouvelle œuvre où les résistants algériens sont vus quasi uniquement comme des barbares terroristes, c'est inintéressant au mieux, révisionniste au moins, ou juste carrément raciste si je veux me montrer taquin.
Et le dessin est malheureusement trop sage pour m'intéresser. C'est exécuté avec beaucoup de maîtrise mais ça donne juste un travail plat et déjà vu : les gorilles du président ont la gueule de loubards de comics américain. C'est dommage parce que la BD nous montre des photos des vrais protagonistes : leurs visages et leurs attitudes sont bien plus captivantes que les dessins. On veut un peu plus de Triplettes de Belleville et moins de Sin City dans ces Gorilles du président.
La célébration répétée et forcée des valeurs de fraternité d'armes rend ce tome 1 vraiment indigeste. On a à peine le temps de connaitre les personnalités des Gorilles qu'on sent déjà les auteurs, tout émus, déplorant la disparition de cette sainte valeur dans nos sociétés contemporaines. La disparition des bonnes couilles. C'est ça qui va pas dans la France de Macron.
À fuir, sauf si la mort de Quentin Deranque vous a émue.