Sur le principe, je trouvais l'idée formidable, d'autant que les deux premiers tomes des Guerres de Lucas étaient à la hauteur de ma starwasmania. C'est donc très enthousiaste que je me suis lancée dans l'équivalent, un reportage graphique exhaustif sur le tournage des Dents de la mer. J'avoue que je n'ai pas revu ce film depuis très longtemps, mais j'en garde un bon souvenir un peu vague et des appréhensions irrationnelles au moment de m'aventurer à la nage au-dessus d’abîmes opaques... Comme tout le monde, en somme. Ce n'est donc pas en fan inconditionnelle du film que je me suis engagée dans ce volume. Mais bien en fan de tonton Steven, père de ma vocation cinématographique défunte, qui a failli se concrétiser en une école de cinéma dans ma prime jeunesse. Où j'aurais probablement fait chou blanc mais ça m'a au moins laissé le temps de me goinfrer de films. D'emblée le dessin m'a un peu rebutée; c'est souvent le cas chez moi à quelques rares exceptions près, du niveau de Theo (du Pape Terrible). Puis je suis rentrée dedans, même si deux couleurs, c'est pas beaucoup. Mais on se fait rapidement au trait stylisé du dessinateur, qui peine malgré tout à saisir la physionomie de Spielberg, entre toutes. Sur d'autres points, j'ai fini par le trouver très acceptable, voire parfois pointu, même si on sent souvent la photo derrière l'image. Mais bon, c'est aussi le cahier des charges : que tout soit avéré. Et ça l'est, mais était-il besoin de tout fourrer dans ce "taco" narratif trop roboratif ? Il m'a semblé manquer un point de vue, bien souvent. Malgré tout, j'arrive au bout plutôt rassasiée, enrichie d'anecdotes que j'ignorais, et disposée à effacer de ma mémoire les faiblesses manifestes de cette grosse somme de travail. Surtout, j'ai bien envie de revoir Jaws, tiens.