Le peintre Jules Toulet, à la recherche de sa muse, quitte Istanbul sur un navire baptisé L’Odysseus après savoir été accepté à bord par la capitaine Salomé Ziegler. Cette dernière, séduite par ses toiles, espère surtout que son « invité » pourra l’aider à retrouver Ammôn Kasacz, le plus grand peintre actuel de la Rome antique dont personne n’a de nouvelles depuis des années. Car Jules possède un carnet de croquis réalisés par Kasacz, un carnet qui pourrait permettre à Salomé de remonter la piste menant à celui qui la fascine tant, sans que l’on sache réellement pourquoi.


L’obsession de Salomé pour Kasacz est au cœur de l’album. Sa quête est liée à un drame de son enfance, point de départ de son parcours jusqu’à la barre de l’Odysseus. Grâce à de nombreux flashbacks, on comprend le destin tragique d’une jeune femme qui avait au départ tout pour être heureuse mais qui a dû faire face à de douloureuses épreuves.


Un plaisir de retrouver le trait fascinant de Lepage. Du moins au départ. Parce que son retour à la fiction après d’excellents reportages dessinés (Un printemps à Tchernobyl, Voyages aux îles de la désolation et La lune est blanche) ne m’a pas emballé plus que ça. La faute à un scénario que j’ai trouvé bancal. Tout se focalise sur Salomé et son histoire, la relation avec Jules Toulet, à la base riche de promesses, est à peine effleurée, tout comme la quête de sa muse, résolue assez artificiellement en deux coups de cuillère à pot. La balance n’est donc pas du tout équilibrée entre les deux personnages. Et puis cette fiction reste d’un classicisme « romanesque » sans véritable surprise, jouant sur un registre émotionnel convenu et sans surprise. Loin, très loin des réflexions profondes et intimes du voyage à Tchernobyl par exemple.


Après, force est de reconnaître que l’objet-livre est splendide et que le dessin de Lepage, surtout au cours des séquences maritimes, est à tomber par terre. Magnifiques également les illustrations de René Follet, devenues pour les besoins de l’album les œuvres du fameux Ammôn Kasacz et insérées au fil des pages. Rien à dire sur la forme donc, à part une admiration sans borne pour le travail d’un dessinateur incroyable. Mais au niveau du fond, je suis loin d’y avoir trouvé mon compte.

jerome60
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le 2 mars 2017

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jerome60

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