L'Homme-chevreuil est une adaptation du roman éponyme de Geoffroy Delorme.
A l'arrivée, la bande dessinée réussit à retraduire cette "épopée" de 7 ans de vie en forêt réalisée en quasi autarcie.
Sans détour et avec subtilité.
Sans détour
Le récit est celui d'un survivaliste de 20 ans d'âge qui tente de s'extraire de la civilisation humaine et surtout de s'intégrer à la vie sylvestre.
Y sont donc contés moult mésaventures (nourriture pillée par les sangliers, hypothermies...) et drames (morts brutales de chevreuils, relation coupée avec famille et amis...).
Au final, en toute simplicité, l'histoire narre une aventure qui est - à un degré moindre - un peu celle de chacun. Bien qu'épris de la nature sauvage, tout être humain aura au mieux bien des difficultés pour y survivre. Au pire, il ne pourra que constater qu'il n'y a plus sa place.
Avec subtilité
Le récit revêt donc une grande justesse de ton et réussit le pari de ne tomber ni dans le catastrophisme, ni dans l'angélisme.
Ainsi, scénario et dessins vont à l'essentiel tout en conservant de la nuance :
- les textes et traits sont ciselés,
- dans les cases, tout semble avoir été soupesé. Aucune concession bas de gamme : couleurs et décors ont été extrêmement travaillés.
Les lecteurs (re)découvriront ainsi au fil des pages autant la beauté de la forêt normande que la "brutalité" du monde sauvage qui l'anime.
Pour finir quelques citations de Geoffroy Delorme qui prouve que L'Homme-chevreuil est bien plus qu'un "Into the Wild normand" :
je sais [...] que je suis humain, et que je ne peux ni ne veux retourner entièrement à la forêt.
Chercher la liberté absolue est une illusion. Cherchez plutôt le bonheur...