Commençons par les points positifs de « Lotus jumeaux ». Ils reposent quasiment tous sur le dessin et le découpage. Cela pourrait paraître peu et superficiel mais la qualité de l’album est vraiment excellente. On se retrouve vraiment dans une mise en scène pareille au cinéma, des angles différents, des zooms, des plans larges et tout l’attirail technique d’un bon réalisateur qui viennent illustrer chaque pensée des personnages avec une vraie justesse et sans rajouter un mot. C’est fin, c’est intelligent et mon Dieu que c’est beau. Le dessin, dans un style très réaliste, nous plonge vraiment dans cette Chine de 1940 pour nous en faire transparaître toute sa réalité, des plus beaux plans de nature et mythes culturels, aux plus discutables personnages et à une misère crasse.
Malheureusement, l’histoire, elle, est moins emballante. Je dirais que nous sommes dans un mixte un peu bâtard entre deux situations. Nous ne sommes ni trop proches des personnages que nous suivons, que par intermittence lorsque les différents protagonistes réalisent des actions mais que nous ne voyons pas évoluer au quotidien, ce qui nous éloigne d’eux. Ni assez éloignés pour avoir une histoire courte mais centrée sur un décor historique fort.
Tout va toujours très vite, à l’image de la jalousie de la femme pour la machine, qui est logique mais très soudaine. Mais des éléments finissent toujours par traîner un peu en longueur et nous fatiguer. Je suis donc assez mitigé sur cette lecture, même si la BD a des qualités vraiment indéniables.