Rarement une bande dessinée ne m’a autant impacté. Dans cet opus, Zerocalcare nous raconte son enfance et sa rencontre avec un certain Arloc. Mais cela n’est que le fond de l’histoire. Dans ce livre, l’auteur nous transmet toute son adolescence, ses problèmes, ses manières de penser, ses relations, mais surtout ses angoisses. En effet, tout le thème du livre se situe là-dedans : la peur du regard des autres, la surinterprétation et des tentatives d’anticipation qui viennent lui gâcher la vie. Arloc, lui aussi, a des problèmes mais vient contrebalancer ce côté stressé de Zerocalcare. Cet album est donc très personnel mais n’en reste pas moins touchant, on comprend et compatit à chaque situation. L’histoire est aussi très dure, dans un contexte romain compliqué, pour autant, pas d’apitoiement, simplement des analyses assez intéressantes sur la société. Enfin, le dessin un peu cartoon est vraiment sublimé par une mise en page et un découpage très intelligents. Chaque planche a sa logique et amplifie toutes les émotions que nous donne une histoire déjà très accrocheuse.