Je pensais lire quelques pages avant de me coucher et je me suis finalement surpris à ne pas vouloir lâcher le récit avant d'en connaître la fin.
Il ne s'y passe pourtant pas grand-chose de spectaculaire, mais Etienne Davodeau tisse une narration humaine, intime, pour qu’on s’attache à Lulu, à son escapade impromptu.
Le "suspense" autour du personnage mort dans le présent narratif est clairement un leurre : on comprend vite que ce ne sera pas Lulu mais ça ne gêne en rien, car ce n’est pas le mystère qui importe, c’est le chemin, c'est ce que Lulu traverse, découvre, et ce que ses proches comprennent (ou pas) de cette escapade. Le
procédé du récit raconté par les amis, dans un jardin tranquille rend l’histoire encore plus humaine (même si elle est racontée de manière trop omnisciente par les orateurs car les situations et les dialogues sont retranscrites dans les moindres détails ce qui n'est pas vraiment possible... Mais là aussi ce n'est pas du tout gênant, ont oublie les narrateurs)
Graphiquement, les visages ne sont pas toujours très expressifs ni mémorables. Il y a parfois un manque de nuance émotionnelle. Mais à côté de ça, les décors sont beaux, les couleurs douces et parfaitement en accord avec l’ambiance du récit : à la fois mélancolique et vivante. Davodeau sait dessiner la France en bord de mer, de même que les petites routes, les pavillons, les bistrots ect, de manière parfaitement évocatrice.
La narration est Fluide, maîtrisée, je n'y ai pas trouvé de gras, les ellipses sont bien dosées, les moments plus lents, moins palpitants de cette escapade aussi. Certains personnages secondaires aurait peut-être mérité un peu plus de profondeur mais ça ne m'a jamais gêné.
Lulu est juste une femme qui décide de prendre une pause, de s'échapper de son quotidien dans lequel elle ne s'y retrouve plus personnellement en temps que mère, que femme, qu'humaine, elle doute, veut tenter des choses nouvelles, vivre une aventure, retrouver le goût à la vie : on se retrouve forcément tous à un moment de nos vies à un point similaire (a des degrés très divers évidemment), c'est donc touchant.
Bref très content d'avoir pu lirece récit à bas prix dans la collection futuropolis poche