Quand j’étais petit, j’écrivais des histoires sur ordinateur. Des histoires que je sauvegardais sur disquette, sans doute animé par la volonté de laisser une trace. Ces récits étaient médiocres mais plusieurs tournaient autour de questions de survie : une catastrophe arrivait ; il fallait trouver de quoi se nourrir, vêtir, loger, se battre pour sa survie… Lire MAD est donc un retour en enfance sous cet angle, notamment avec ce premier chapitre de plus de 100 pages qui nous jettent au cœur de l’action.
Retour en enfance aussi avec des aliens (non, la Terre ne se retrouve pas peuplée de V. Wembanyama qui effraient tous les joueurs de basket) qui débarquent sur Terre on ne sait comment (un coup de la Couronne de fleurs ou de Madara sans doute !) et dégomment les humains à la vitesse grand V. Au milieu de tout cela, John (prénom peu original) essaye de rester en vie avec quelques survivants. On aura donc une patte cinéma, amplifiée par la jaquette (« Kazé présente ») et les planches de Yusuke Otori.
Un auteur qui adopte un graphisme brut, avec des dialogues parfois perchés et absurdes qui ont tout pour plaire si l’on est friand de ce genre de registres. On pourrait résumer cela de manière caricaturale en faisant de MAD le rejeton d’Abara et Fire Punch qui font un tour sur le Nostromo.
Contrairement à pas mal de mangas parus, ce premier tome ne multiplie pas les intrigues et les personnages si bien que l’on comprend le récit sans difficulté. Et pour suivre le manga depuis ses premiers chapitres prépubliés je sais que la suite va rester dans cette veine action/SF avec un côté madeleine de Proust trempée dans le sang des aliens pour des sensations toujours plus fortes. Ici comme ailleurs l’arrivée de ces créatures sert de révélateur et d’évaluateur de l’humanité, de ce qui nous fait et nous défait.
MAD s’affirme donc comme une œuvre aux références explicites, qui aurait pu être réalisé il y a des décennies mais dont la parution actuelle vient rappeler qu’en art comme ailleurs on peut regarder vers le passé et produire l’avenir. La suite est donc vivement attendue par ici.