Tout est percutant. Le style graphique, la structure narrative, le discours. Pas de détour, ni de retour. Du moment qu’Anna met un pied dans sa première « manif », tout se déploie et s’offre à son regard enfin dépourvu d’œillères. Profitant du style épuré de la forme, Hélène Aldeguer creuse le fond, fait émerger les situations et les conflits personnels et sociaux qui jalonne le parcours de son héroïne ; tout autant qu’elle y établie des parallèles et des boucles par l’intervention du personnage attachant de la grand-mère. Fortement documentés (ou vécus), les constats et mises en situations sont traités de manières justes et sensibles, comme une première pierre à ramasser avant de rejoindre le cortège... ou, du moins, de mieux appréhender ce qui s’y passe.