Il y a quelque chose du monument Pop dans l'œuvre d'Emil Ferris. Et ce deuxième tome ne fait que confirmer nos sentiments...
400 pages à la technique graphique brute et virtuose. Des retrouvailles pour notre plus grand plaisir avec la narratrice, Karen, personnage queer tendre et attachant basculant ici dans l'adolescence qui se voit plus que jamais comme un monstre et nous conte toujours avec candeur et sincérité ses souvenirs entre fantasmes et réalité. Le décor d'un Chicago des années 60 et ses milieux interlopes fait d'activistes, mafieux, prostituées et autres marginaux est fascinant. L'intrigue à tiroir mêlant à la fois enquêtes, récits intimes et familiaux déchirants sert une atmosphère qui fleurte encore et toujours avec le surnaturel ou l'inquiétant.
Tout est réunit pour qu'un fois tourné les dernières page nous nous disions qu'Emil Ferris est en train de construire quelque chose d'immense et personnel par son talent graphique indéniable qui explose à nos yeux et son talent de conteuse qui en maniant et détournant les codes d'un inconscient pop et underground touche l'intime profond.