Une œuvre co-signée Taiyō Matsumoto et Cyril Pedrosa est forcément un évènement pour les amateurs de bande dessinée.
De Taiyō Matsumoto, on pourra retenir la suite Sunny.
Quant à Cyril Pedrosa, il est l'auteur de Trois ombres et L'âge d'or.
Au-delà de la cosignature et du format (480 pages !), le mode d'expression à 2 voix rend l'ouvrage graphique rare.
Nanbanjin porte sur l'Histoire du Japon, spécifiquement sur le début de l'ère du commerce Nanban. L'intrigue se situe en effet en 1543, année de l'arrivée au Japon des premiers Européens (dont le héros). La grande Histoire finira par leur exclusion de l'archipel en 1650.
Deux mondes vont donc se découvrir.
Dans l'ouvrage, chaque auteur révèle une même histoire :
- tout en exprimant chacun sa vision (sur le fond)
- et tout en déclinant (sur la forme) à sa manière (moderne) les codes graphiques de la peinture japonaise.
Les décors sont raffinés tout en étant essentialisés.
Les scènes sont présentées comme autant de tableaux de vie.
Les couleurs sont monochromes.
Si scénario et dessin sont officiellement signés individuellement par chacun des 2 auteurs, on peut penser qu'ils ont partagé / croisé leurs intrigues.
A l'arrivée, Nanbanjin ne constitue peut-être pas un chef d'œuvre.
A défaut, il n'en demeure pas moins un ouvrage colossal (480 pages), dont la lecture n'est jamais ennuyeuse.
A ce titre, le projet demeurera un jalon fort de l'année 2026 pour la bande dessinée mondiale.
NB : l'ouvrage arrive 9 mois après deux cahiers de recherche :
- le premier dessiné par Pedrosa,
- le second signé Taiyō Matsumoto à la mode des estampes de son pays.