L'auteur a dans ce manga réinventé le ninja, de A à Z. Et pas forcément en bien.
Parlons du héros, pour commencer. Un ninja, à la base, c'est censé être discret et furtif. Dans ce manga, on a un héros habillé en orange vif (pour la furtivité) qui hurle sans arrêt (pour la discrétion). Et il est franchement con. Mais pas qu'un peu, hein, c'est vraiment l'archétype du héros qui fonce droit devant lui sans jamais réfléchir. Un teubé de première, limite handicapé mental. Même dans les pièges les plus évidents, il fonce dedans. Quand il faut être discret, il ne peut pas s'empécher de crier bien fort (heureusement que les méchants sont tous des ninjas sourds – c'est la seule explication que j'ai trouvé pour expliquer qu'ils n'entendent pas Naruto à 8 km). Heureusement que les personnages secondaires sont là pour lui sauver la mise sans arrêt, parce que tout seul, Naruto est une buse. Un busard. Un balbuzard, même !
Parlons du contenu plus général maintenant. Un ninja, c'est censé être un soldat de l'ombre, du genre qu'on voit pas arriver et qui repart sans laisser de traces. Dans ce mange, aucune mission d'infiltration ou de renseignements, juste de la baston et du poutrage de méchants. Et, shonen oblige, chaque affrontement est prétexte à une démonstration de super-pouvoirs magiques toujours plus grosbill et capables de dévaster une ville entière. Faire dans la finesse et dans la subtilité, c'est pour les faibles. Faut tout casser. Faut de l'explosion et de l'invocation de monstre géant.
Continuons avec les personnages secondaires. Là, je suis plus mitigé. Ceux qu'on voit le plus sont exaspérants au possible (Sakura l'inutile, Sasuke le prétentieux, Kakashi le relou...), mais quelques-uns sortent du lot et ont un vrai charisme, une vraie personnalité et un vrai caractère riche. Bref, l'histoire y aurait gagné si elle était centrée sur, par exemple, Shikamaru ou Neji.
Les méchants, maintenant. Le vrai point fort de ce manga. Pour une fois dans un shonen, ils ont de vraies motivations et de vrais buts (pas seulement « je veux détruire l'univers », « je veux devenir maître du monde » ou « je suis un maître du mal »). Ils sont charismatique, tout simplement.
Enfin, l'histoire. Les thèmes intéressants développés dans les premiers tomes (la solitude, le rejet de la société...) sont rapidement écartés pour revenir aux fondamentaux du shonen : les héros sont des gamins de 12 ans qui enchainent les bastons contre des mecs infiniment plus expérimentés et plus forts qu'eux, mais ils gagnent quand même parce qu'ils défendent les valeurs de l'amour, de l'amitié, du sens du sacrifice, etc... De temps en temps, le héros rencontre un nouveau maître qui lui donne de nouveaux super-pouvoirs. Et un nouveau grand méchant encore plus balèze apparait. Bref, du déjà-lu. On n'a rien inventé depuis Dragon Ball.
En conclusion : comme dans tout shonen classique, aucune logique de puissance et rien de franchement original. On est en terrain connu, il y a tous les éléments pour plaire au public cible, tous les fondamentaux du shonen sont là, on ne risque pas de perdre le lecteur habitué au genre. C'est est grosso modo un copier-coller de DBZ, One Piece, HunterxHunter, Saint Seya, etc... avec un thème ninja. Malgré de trop nombreux défauts et une histoire qui semble se répéter à l'infini, ça se lit quand on n'a rien d'autre à faire, ça distrait vaguement les dimanches pluvieux. Mais ça ne mérite pas l'engouement des adolescents pour cette série...