J'ai abandonné la lecture de Peace Maker après cinq tomes sur les dix-sept que compte la série. Ce n'est pas un mauvais manga, mais je n'ai pas réussi à adhérer.
L'histoire nous plonge dans un monde fictif proche de notre début du 20ᵉ siècle et suit les aventures de Hope Emerson, un prodige du tir au revolver mais qui refuse de tuer, sauf ceux se servant des armes pour tuer (une morale déjà bancale). Dans cet univers, les duels au pistolet sont glorifiés, et Hope se retrouve rapidement impliqué malgré lui dans ce monde pour protéger une orpheline. Cette dernière est traquée par les Crimson Executers, des mercenaires au service de son grand-père, le « grand méchant voulant conquérir le monde ». L'intrigue se concentre alors sur la fuite de Hope et de la gamine, avec l'aide d'alliés rencontrés au fil de leurs pérégrinations.
Ce seinen violent n'est toutefois pas vraiment un western. Ici, les duels au pistolet servent davantage de prétexte pour mettre en scène des affrontements, sur fond d'histoires familiales à tiroirs et d'intrigues politiques et l'on ne retrouve ni l'ambiance ni le ton du western.
Cela n'a pas fonctionné pour moi pour plusieurs raisons : le héros manque cruellement de charisme. Hope Emerson, censé être le personnage principal, m'a semblé fade et presque secondaire dans ces premiers tomes. Cela rend difficile de s'attacher à lui ou de s'intéresser à ses motivations.
Les événements s'enchaînent beaucoup trop vite et se ressemblent trop : la formation du groupe entourant le héros est bâclé et tout le monde devient pote "à la vie à la mort" à la première rencontre. On voyage beaucoup mais les déplacements de ville en ville, souvent réduits à des prétextes pour assister à un duel avant de passer à la suivante. Rien n'est vraiment développé. Cette rapidité donne une impression de superficialité, m'a empêcher de vraiment m'investir dans l'histoire ou les personnages. Au cinquième tome, le scénario amorce des révélations et semble vouloir approfondir son intrigue mais ces éléments n'ont pas suffi à me captiver ni à me donner envie de continuer.
Je penses que certains y trouveront leur compte mais Peace Maker n'a pas pris la direction que j'aurais espérée. Dommage, car le concept avait du potentiel.