Peau d’homme, c’est un peu comme une pièce de théâtre shakespearienne revisitée par un styliste audacieux. Hubert et Zanzim nous offrent un conte où une femme revêt littéralement une peau d’homme pour explorer les dessous d’une société patriarcale. Et autant dire qu’elle ne s’attendait pas à ce qu’il y ait autant de courants d’air.
L’histoire suit Bianca, promise à un mariage arrangé – comme à l’époque, quoi. Mais grâce à cet étrange héritage familial, une peau d’homme à enfiler comme une veste en cuir, elle se glisse dans la vie des hommes pour découvrir ce qu’ils mijotent en coulisses. Spoiler : c’est souvent pas très reluisant, mais aussi bien plus vulnérable qu’elle ne le pensait. Hubert jongle avec des thématiques puissantes – identité, désir, liberté – et il le fait avec une plume subtile et un soupçon de provocation. C’est grinçant, c’est émouvant, et surtout, ça fait réfléchir.
Le dessin de Zanzim, quant à lui, est une ode à la fluidité. Avec des lignes élégantes et des couleurs pastel qui contrastent avec la tension du récit, il crée une atmosphère douce-amère. Chaque page respire une sensualité assumée, presque espiègle, qui accompagne parfaitement le ton ironique et poétique de l’histoire. On est à la fois dans le conte moral et dans le manifeste féministe, le tout servi avec un humour décalé.
Alors, qu’est-ce qui ne va pas dans ce chef-d’œuvre en peau de vérité ? Peut-être que certains trouveront que ça va un peu vite. Le récit, aussi riche soit-il, laisse parfois l’impression qu’on court après une idée avant qu’elle ne soit complètement développée. Mais qu’importe, Peau d’homme a le mérite de poser des questions cruciales tout en les enveloppant dans une fable accessible.
En bref, Peau d’homme est une œuvre à dévorer. Drôle, audacieuse et pleine de cœur, elle nous rappelle que le genre n’est qu’une peau que l’on porte… ou qu’on déchire pour se libérer. Une BD qui taille un costard au patriarcat avec élégance.