Pereira prétend
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Pereira prétend

Roman graphique de Pierre-Henry Gomont (2016)

Pereira prétend? Une super BD, tout simplement oui.


Elle nous propose le portrait d’un homme que j’ai trouvé super attendrissant. Cet homme, c’est Pereira, journaliste catholique dans le Lisbonne de la dictature de Salazar. Un homme touchant, qui doute, se pose des questions. Un homme un peu rêveur, et surtout très seul.


C’est cette solitude qui m’a particulièrement marqué. Elle se joue dans sa tête, dans tous ses dialogues intérieurs. Et elle prend encore une autre dimension lorsqu’il converse avec le portrait d'un être disparu. Et plutôt que faire bizarre, cela retranscrit plutôt une atmosphère teintée de douceur et mélancolie.


Par certains aspects, Pereira m’a fait penser à Ignatius J. Reilly dans La Conjuration des imbéciles. Pas du tout dans son côté arrogant ou excessif, mais plutôt dans cette forme de décalage avec le monde, cette solitude un peu candide. Sauf qu’ici, tout est beaucoup plus tendre.


Sinon, c'est la très belle critique de Rachel sur Babelio, à propos du roman dont est tirée la BD, qui m’a donné envie de me plonger dans cette BD que je m'étais procurée il y a un moment. J’aime bien cette façon de laisser mes choix de lecture guidés comme ça, quand il y a une forme de signe qui me dit que c’est le bon moment.


Et forcément, pendant la lecture, j’ai pensé au roman, me disant qu’il devait être vraiment top. Je pense d'ailleurs qu'il rejoindra les étagères un de ces jours. Mais du coup, je ne peux pas vraiment juger de l’adaptation, n'ayant pas lu le texte d’origine. En revanche, en tant que BD, ça fonctionne vraiment très bien avec une mise en scène particulièrement réussie, pas mal de texte, sans que ça soit jamais lourd.


Les dessins, eux, sont assez particuliers. Paraissant fouillis ou brouillons au départ, on remarque rapidement la capacité à faire ressortir la beauté des lieux — la ville de Lisbonne, les paysages, les ciels — avec un très très bel usage des couleurs. Puis, chemin faisant, accompagnant l’évolution du personnage de Pereira, notre perception du dessin change aussi. À la fin, je me suis simplement délecté de chaque case, tellement elles étaient remplies de force et de beauté.


Au final, on a là une superbe BD, à là beauté à la fois humaniste, poétique, et aussi politique. On suit un Pereira au milieu de tout ça, tiraillé entre plusieurs feux : sa foi, son passé, son amour de la littérature, mais aussi simplement sa propre humanité.


Ça nous donne une BD puissante (encore une) et un vrai coup de cœur (encore un).


Até breve, doutor Pereira

Ben-Ardo
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes BD Franco-Frenchy : ho que oui, par ici mon petit ! et Les meilleures BD des années 2010

Créée

le 23 mars 2026

Critique lue 16 fois

Ben Ardo

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