J’ai voulu démarrer une série de mangas plus ou moins thriller psychologique, avec une touche de fantastique, histoire de me détendre pendant les nombreux déplacements que j’ai pu avoir ces derniers temps… Et même si, jusqu’à présent, je peux dire que je n’ai jamais réellement apprécié aucune œuvre de ce duo de mangakas, je peux très bien leur reconnaître du talent, et j’étais curieux de voir ce qu’ils allaient proposer après Death Note.

Un classique que j’avais su apprécier sur ses trois premiers tomes, avant de le détester par la suite. J’avais déjà eu l’impression que ces deux auteurs étaient capables de très bonnes idées de base, mais avec une exécution et une originalité au ras des pâquerettes dès qu’il s’agissait de faire durer leurs concepts.

Je crois que c’est exactement ce que j’ai retrouvé avec cette nouvelle histoire.


Dès le début, on nous présente assez rapidement un nouveau concept fantastique, très proche de ce qu’on avait déjà pu voir dans Death Note. Un être divin farfelu vient accorder un don magique à un être humain. Ici, ce ne sont plus des dieux de la mort et un cahier magique, mais des anges qui octroient un, deux ou trois artefacts magiques à des candidats amenés à s’affronter pour le rôle de Dieu. (flèche blacnhe, flèche rouge et ailes magiques)

Alors oui, sur le papier, on peut déjà dire que c’est moins subtil que Death Note. Et pourtant, j’ai plutôt rapidement accroché. Le rôle de Dieu reste volontairement flou, ce qui donne envie de savoir jusqu’où tout cela peut aller, et les artefacts accordés aux candidats semblent à la fois simples dans leur concept et entourés de zones d’ombre suffisantes pour laisser imaginer des retournements de situation et des affrontements psychologiques intéressants.


Autant le dire tout de suite, ce n’est absolument pas ce que j’ai trouvé dans ce manga, mais j’y reviendrai plus tard. Car dès le départ, j’ai surtout été assez désagréablement surpris par le choix des protagonistes que nous allons suivre.

On se retrouve avec un couple de jeunes gens qui s’aiment et se tournent autour depuis toujours. Le hasard qui les réunit dans cette compétition est assez dingue, mais pourquoi pas. À cela s’ajoute un mentor, pas inintéressant sur le papier, qui finira par mourir à mi-parcours, comme il l’annonçait presque lui-même dès son introduction. Et ce trio m’a très vite largement gonflé…

Le héros a le charisme d’une huître. C’est un PNJ remplaçable à qui l’on essaie de greffer une personnalité de personnage moralement trop pur pour ce monde. Et à ses côtés, la gonzesse de service… Oui, désolé pour le terme un peu brutal, mais quelle est réellement l’utilité de ce personnage, si ce n’est d’être le love interest et de participer occasionnellement aux affrontements sans jamais vraiment se mouiller ?


Suivre une histoire avec de tels protagonistes, mon Dieu, qu’il faut s’accrocher.


Fort heureusement, on nous propose un antagoniste qui, sans être psychologiquement plus intéressant que ce que l’on a déjà vu, compense largement par des actions et des comportements suffisamment dantesques pour instaurer un danger quasi constant. C’est clairement grâce à ce personnage que j’ai tenu, et c’est d’autant plus dommage qu’il disparaisse dès la moitié du récit, laissant place à une seconde partie aussi mollassonne que celle de Death Note.

En tout cas, merci à ce méchant d’avoir donné le ton dès le début, en éliminant des candidats et en montrant des stratégies un peu particulières avec ses flèches et ses ailes magiques, qui semblaient cacher un réel potentiel et irradiaient une vraie sensation de danger.


Malheureusement, la suite n’a été qu’une succession de désillusions. Ces fameuses flèches magiques offrent finalement une variété d’utilisation très faiblarde, et tout comme les ailes, elles se révèlent bien trop pratiques pour ce qu’elles sont, et bien trop peu exploitées. (C'est d'ailleurs assez misérable de nous proposer des règles et des variantes hors narration, comme dans l'oeuvre précédente, sachant que ça n'allait pas être exploiter dans l'oeuvre...)

Oui, il y a quelques morts. Oui, il y a quelques combats ici et là. Mais globalement, c’est un sacré pétard mouillé. C’est long, ça nous fait croire à des moments de stratégie qui n’en sont pas vraiment, avec des bluffs souvent ridicules. Et surtout, on retrouve ce que j’avais le plus détesté dans Death Note, à savoir, introduire une situation de tension pour finir sur un statu quo, et repousser un éventuel affrontement à plus tard.


Il n’y a pas pire manière de faire fuir des lecteurs.


Je me rappelle notamment d’un passage dans Death Note où le groupe de terroristes et celui des policiers mettaient en place un système d’échange de cahier ultra complexe, laissant croire à un retournement de situation ou à une trahison majeure, pour finalement aboutir à un échange parfaitement lisse. Platinum End nous refait exactement ce coup-là, et c’est à se taper la tête contre les murs.


J’ose le dire, comme je l’ai déjà dit par le passé, j’ai l’impression que le seul véritable talent de ces auteurs réside dans leurs idées de départ. Car pour la suite, il est difficile de croire qu’il y ait eu un réel travail scénaristique pour un rendu aussi médiocre.

Et pourtant, j’ai tenu. Parce qu’avec un concept aussi farfelu, j’avais envie de voir sur quelle note tout cela allait se terminer. Et même si je suis déçu dans 99 % des cas, je suis allé jusqu’au bout, ne serait-ce que pour comprendre ce que signifiait, pour eux, gagner le droit de devenir Dieu.


Au-delà du fait que “l’affrontement” final soit d’une lenteur et d’une nullité scénaristique abyssales, il aborde pourtant une thématique qui, contre toute attente, m’a donné encore plus envie de découvrir la conclusion.

Car là où l’on aurait pu s’attendre à une grosse bagarre finale, on se retrouve face à des protagonistes qui complotent, discutent, et finissent par se mettre d’accord démocratiquement sur celui qui devrait devenir le nouveau Dieu.

Cette idée est, sur le papier, assez audacieuse. Elle ne suit pas un schéma classique offrant une conclusion clairement heureuse ou malheureuse, et reste finalement assez fidèle à l’ambition affichée par la série.

On n’est pas face au cliché du vainqueur triomphant, mais plutôt devant une tentative de métaphore sur l’existence humaine et la recherche du bonheur. Alors oui, c’est une philosophie très basique, qui ne vole pas bien haut, surtout portée par des dialogues qui manquent cruellement de naturel et servent avant tout de véhicule à un message final. Mais on peut tout de même reconnaître qu’une fin aussi originale, ouverte et interprétable mérite qu’on s’y attarde un minimum.


Pour autant, elle n’a pas suffi à sauver l’œuvre à mes yeux. Le choix d’un nouveau Dieu aussi dangereux que la personne élue m’a semblé totalement lunaire, et je n’ai jamais compris pourquoi l’ensemble des personnages semblaient unanimement d’accord avec cette décision. La conclusion ne m’a donc pas paru satisfaisante, ni sur la forme ni sur le fond, et vient surtout souligner la médiocrité ambiante installée tout au long de l’aventure.


Alors oui, je rajoute un peu plus de malheur à ce monde, parce que je sais bien que ce manga est sans doute la série la moins appréciée de ce duo d’auteurs, et qu’elle mérite largement ce titre. Mais j’avais vraiment envie d’en parler, tant elle me semble représentative du manque de talent scénaristique que je perçois chez eux, auquel s’ajoute un chara design souvent cliché et aléatoire.

Death Note reste, à mes yeux, un coup de chance, arrivé à un moment où le manga traversait un âge d’or et manquait de ce type d’histoire. Mais en termes de profondeur, je trouve le tout assez médiocre. Et ce n’est certainement pas Platinum End, qui confirme tous les reproches adressés à leurs œuvres précédentes, qui viendra me prouver le contraire.

KumaCreep
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le 1 mars 2026

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