Ceux qui ont eu la chance de connaître Pogo avant la parution en 2014 de ce premier tome des oeuvres complètes de Walt Kelly traduites en français (Pogo - Par delà les étendues sauvages) en rêvaient.
Auparavant, Yvan Delporte le premier avait édité des extraits de cette oeuvre monumentale commencée en 1948 (et terminée en 1973). Ce furent les trois petits tomes Pogo, Pogo à Gogo, et Pogologie parus entre 1965 et 1967 dans la collection défunte Gag de Poche. Ils nous avaient bien alléché avec les historiettes de cette galerie de personnages incroyables.
Le dessin est superbe de justesse et de drôlerie, et l'humour à la fois tendre et absurde avait été bien rendu par la traduction de l'américain en français - une gageure - faite par cet éditeur historique des meilleures BD belges (il fut rédacteur en chef de Spirou), et un des coscénaristes de Franquin.
Il semblait impossible d'égaler cette traduction inventive - géniale - mais Akileos l'a fait pour ce tome 1 et avait l'ambition de faire traduire les oeuvres complètes (elles existent en anglais).
Je n'ai pas été déçu mais le grand malheur est que le tome 2 n'est jamais paru.
Les amateurs comme moi se sont vus retourner leur souscription (il y a déjà quelques années, en 2015 ou 2016), un mauvais signe annonçant le renoncement. On a beau vérifier chaque année : le tome 1 a dû être trop peu vendu, le second ne paraîtra donc jamais...
Un seul défaut à cette édition unique : la couverture rigide cartonnée, type "beaux livres", est certes très belle, mais une couverture flexible nous permettrait de le relire et le relire encore plus facilement. Et peut -être qu'ainsi faite, elle a découragé certains nouveaux lecteurs potentiels... Car à la différence de nombre de BD historiques rééditées de la sorte, même interessantes, Pogo appelle la relecture périodique, avec chaque fois plus de charme.
Remarque du jour :
Pour une présentation très complète de Walt Kelly et de Pogo voir la critique sur sur SC des oeuvres complètes en anglais, écrite par Madaraoh en 2013 https://www.senscritique.com/bd/pogo/critique/24287574