Nouveauté de la collection Combo (Dargaud), ce récit SF écologiste nous fait suivre Loé et sa famille. Cette dernière vit en auto-suffisance dans un lieu retiré de tout, cultivant la terre et recyclant les déchets drainés par les tempêtes. Mais un jour, Loé, ado bricoleur, trouve un robot géant défectueux. Partant sur ce postulat, l’auteur, dont c’est le premier titre, développe un univers présenté comme en autarcie, la famille semblant être seule au monde, sans que le lecteur ne sache s’il existe une société extérieure. Cet aspect mystérieux intrigue, avec cette famille certes stéréotypée (la mère inquiète, le père rassurant, la grande sœur rebelle, etc.) mais attachante, qui évolue en communauté. L’irruption du robot est l’élément déclencheur, mais surtout le facteur d’affirmation pour Loé face à ses parents anti-technologiques mais surtout ultra-protecteurs. Le scénario se mue alors en une réflexion autour de l’émancipation adolescente et du désir de tracer sa propre voie : Loé mais aussi sa sœur Zelda ont des envies d’ailleurs, se projetant ailleurs que dans le cocon formé par les parents.Le graphisme est plutôt réussi, notamment dans la représentation hétérogène de ce microcosme, à la fois campagnard/sylvestre et technologique. Par contre, le parti pris de la colorisation « flashy » peut donner un effet de saturation à la lecture. Le scénario reste léger en termes de rebondissements (uniquement tenu par l’objectif de réparer ce robot géant) mais pourrait plaire dans sa proposition d’un récit SF humain tourné davantage vers l’intime.