On ne va pas y aller par 4 chemins : Printemps Bleu c’est un recueil de 7 histoires courtes de Taiyo Matsumoto qui vaut le coup pour avoir un aperçu supplémentaire des créations du mangaka à différents moments de sa carrière. Je n’ai pas trouvé d’autre intérêt.
Certes on retrouve des récits sur la jeunesse, sur un monde qu’a connu au moins en partie l’auteur dans ses années lycée, on retrouve le Cri de Munch, on a droit à 3 postfaces de l’auteur, rédigées des années 1990 à 2011 qui permettent de comprendre le titre du recueil et le regard sévère que l’auteur porte sur ses créations. Et on ne peut que le comprendre : chaque récit ressemble plus ou moins à la même chose : des bastons, des jeunes, un lycée qui rassemble tout cela, parfois un flingue, des cigarettes (fumer tue), les relations Japon-USA, des dialogues décousus mais dans le mauvais sens du terme : on a l’impression qu’il y a des ellipses qui nous font manquer des dialogues. Comme si on regardait un film en VO et que les sous-titres ne correspondaient pas.
On fait donc l’expérience d’un décalage quasi permanent qui peut toujours nous apprendre quelque chose mais qui, ici, n’est pas forcément d’un grand apport. Certes on a du brut de décoffrage sous les yeux et un graphisme que l’on retrouve ailleurs chez le Matsumoto des années 1990. Mais cela ressemble encore à un chantier en gestation. Tout est emboîté bizarrement si bien que l’on a une esquisse de ce que pourra être le mangaka plus tard mais moins abouti que pour le Rêve de mon père.
On a donc un OLNI, un objet livresque non identifié qui, s’il n’était pas signé Matsumoto n’aurait probablement pas été édité ni réédité. Dernière observation : la réalisation sur la jaquette n’est pas de Matsumoto. Comme nous sommes le premier avril, il reste à savoir si cet avis est véritable ou non… à vos recherches !