Prison School, c’est un peu comme un mélange improbable entre un film de série B et un épisode de Prison Break réalisé par un ado sous Red Bull. Akira Hiramoto nous livre un manga qui embrasse sans complexe le loufoque, le borderline, et le complètement absurde. Résultat ? Une œuvre qui vous fera éclater de rire… ou froncer les sourcils, parfois en même temps.
L’histoire, c’est celle de cinq garçons qui intègrent un ancien lycée pour filles. Jusque-là, ça pourrait être une comédie romantique classique, mais non. Ces pauvres âmes finissent emprisonnées (littéralement) par le conseil clandestin des étudiantes après avoir tenté un voyeurisme qui tourne mal. Ce qui suit est un festival d’humiliations, de stratagèmes absurdes et de rebondissements complètement dingues.
Graphiquement, Hiramoto est au top de son art. Les expressions faciales des personnages sont dignes d’un cours magistral de l’exagération artistique, et les scènes oscillent entre une précision réaliste et un comique grotesque. Chaque case semble crier : "Admire ma folie visuelle !" Mais attention, ce style ultra-détaillé accentue aussi les moments de fan service, qui sont omniprésents. Très omniprésents. Sérieusement, il y a tellement de plans suggestifs qu’on se demande si l’artiste n’avait pas un quota à respecter.
Le scénario, quant à lui, joue constamment avec la ligne rouge, entre la comédie burlesque et le malaise. On rigole des situations absurdes, mais on se surprend parfois à soupirer devant l’overdose de blagues graveleuses. L’humour fonctionne à condition d’accepter que Prison School ne se prend pas au sérieux une seule seconde. Si vous cherchez de la profondeur, passez votre chemin : ici, tout est exagéré, tout est absurde, et c’est bien comme ça.
Mais au-delà des gags et des situations improbables, il y a une vraie tension dans les intrigues. Les plans d’évasion des garçons sont si ridiculement ingénieux qu’on ne peut s’empêcher de rester accroché. On dirait un Ocean’s Eleven, mais version lycée sadomaso.
En résumé, Prison School est une œuvre qui divise. C’est drôle, c’est absurde, c’est outrageusement provocateur, mais ça manque parfois de subtilité et peut épuiser les moins fans de ce style d’humour. Si vous aimez les mangas où tout est "too much", où la logique est jetée aux orties, et où les personnages vivent constamment au bord de la crise de nerfs (et de dignité), ce manga est fait pour vous.