Le moins que l'on puisse dire c'est que Sarbacanne ne lésine pas sur la promo : impossible de passer à côté de ce gros bébé de plus de 300 pages. Le résumé? Vous trouverez ça mieux fait sur le net, mais en gros, on se retrouve au milieu d'un drame impliquant une grosse firme spécialisée dans les algorythmes (qui régissent désormais la société et qui sont, justement, au coeur de ce drame). En dire plus serait spoiler une très grosse surprise intervenant au premier tiers de l'album.

Graphiquement j'ai trouvé cela d'une très grande élégance. Il faut accepter en revanche que l'album n'apporte aucune variation dans ses tonalités (gris et dégradé orangé). Certains s'ennuieront peut être? Moi j'ai trouvé ça homogène et compensé par un véritable sens de la composition extrèmement cinématographique. Seul reproche à propos du dessin : il est difficile de différencier graphiquement le fils, la petite fille, et le boss. Ils ont le même bas du visage, les mêmes traits... Dommage, quand on a un tel niveau en dessin, il faut soigner la caractérisation de ses personnages, ne serait que pour la fluidité du récit.

Pour en revenir à l'histoire justement : je l'admets, je commençais vraiment à m'ennuyer au début. L'ouverture se fait sur une scène de diner où ça parle.... et ça parle beaucoup. Une entrée en matière un peu décourageante et bavarde. Ce n'est pas inutile : on nous fait comprendre que tout sera centré autour de l'humain, à l'échelle d'une relation père/fils. Et heuresement, pas longtemps après, l'auteur nous fait cette surprise dont je parlais, un basculement radical dans le récit, si brutal et audacieux, qu'à lui seul il m'a fait tenir jusqu'au bout.

Est-on récompensé à la fin? Sur le plan humain, oui. Les arcs narratifs centrés sur le personnage pricipal vont au bout et sont traités avec une grande intelligence, une grande finesse, sans facilité. En revanche, et c'est là ma grande déception : si jamais il n'y a pas de suite à ce Providence (qui semble bel et bien être un one shot), alors là, oui, il y a selon moi, de gros manques. La relation père / fils est bien traitées, on l'a dit. Mais ce n'est pas le seul arc dramatique présent dans l'album car l'auteur, dès le début, nous plante un contexte politique et social très tendu, avec des confrontations, des interrogations importantes et véritablement excitantes... ! Mais qui... malheureusement ne trouveront aucune issue, aucun développement. Le récit ouvre des problématiques qu'il ne prend même pas la peine de clore et qui ne servent finalement qu'en toile de fond sans incidence sur le récit, sans résolution.

Si l'auteur m'a tenu en haleine, c'est pour deux choses : premièrement, on s'attache au personnage principal et on veut savoir ce qu'il va lui arriver, deuxièmement, on s'imagine que dans la résolution de cette "petite histoire" ou trouvera celle de la "grande Histoire". J'ai cru que l'auteur avait caché, dans l'intime (notamment dans ce chien robot !) des solutions pour comprendre et résoudre les questions plus politiques et sociales. Voilà qui aurait été génial !

Mais non... nous restons sur l'intime. Dans ce cas là, pourquoi faire de la SF? Pourquoi ouvrir toutes ces arcs dramatique sur la rebellion, l'IA, la guerre terre vs Providence?

Voilà pourquoi je suis mitigé sur ce pavé SF ! Il n'en reste pas moins que je félicite son auteur, car c'est une oeuvre intime et authentique, qui a demandé, ça se voit, un travail colossal. Alors un immense bravo !

Ddeche
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il y a 4 jours

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