Le point de départ de Resident Alien est immédiatement sympathique : un extraterrestre échoué sur Terre se cache sous l’identité du docteur Harry Vanderspeigle dans la petite ville de Patience, jusqu’au jour où un meurtre l’oblige à sortir de son isolement. Mais la science-fiction reste finalement assez discrète : Peter Hogan l’utilise surtout pour poser sur les humains un regard extérieur, curieux et parfois amusé, tandis que le récit prend rapidement les allures d’un polar tranquille de petite ville. C’est ce mélange assez inattendu qui fait une bonne partie du charme du comics.
Ce qui me plaît le plus, c’est justement Harry. Il n’est ni une caricature d’extraterrestre ni un prétexte à multiplier les gags : il observe les comportements humains avec une certaine distance, puis se laisse peu à peu prendre au jeu des relations qu’il voulait initialement éviter. Il y a quelque chose de tendre dans cette façon de raconter l’humanité à travers quelqu’un qui n’en fait pas partie. Le dessin de Steve Parkhouse accompagne très bien cette atmosphère : réaliste sans être froid, avec des visages expressifs et une petite ville qui paraît véritablement habitée. Le rythme posé et presque contemplatif donne au récit une personnalité assez agréable.
En revanche, l’enquête policière elle-même m’a moins convaincu. Elle fonctionne correctement et se lit avec plaisir, mais elle reste assez classique et sa résolution manque un peu de force. Le concept promet finalement davantage d’étrangeté que ce premier tome n’en offre réellement : j’aurais aimé que le regard extraterrestre de Harry bouscule encore davantage le quotidien et les comportements humains. C’est donc une lecture plaisante, attachante même, mais qui me laisse pour l’instant davantage séduit par son personnage et son ambiance que véritablement emballé par son intrigue.
Résumé
Un sympathique mélange de science-fiction et de polar, porté par un extraterrestre attachant et un joli regard sur les humains, mais dont l’intrigue reste un peu trop sage.
👽 Un visiteur venu d’ailleurs que j’ai davantage envie de retrouver pour son regard sur notre monde que pour ses talents de détective.