The Lost Canvas est un vraiment le caviar des spin-off de Saint Seiya.
Nous sommes à l'époque de la précédente guerre sainte donc aux alentours de 1747.
Tenma, Alone et Sacha sont trois amis orphelins que le destin a séparé pour mieux réunir. Tenma est la réincarnation du chevalier Pégase, Alone celle d'Hadès et Sacha, celle d'Athéna. Après avoir été séparé un temps, ils se retrouvent mais les choses ont changé, la guerre a été déclaré par Hadès (Alone) et Tenma et Sacha feront tout pour récupérer leur ami et vaincre les armées du dieu des enfers.
Le trait extrêmement élégant de Teshirogi, a des années lumières de ce que propose Kurumada, nous plonge dans une réinterprétation du mythe des plus réjouissante. Non seulement l'époque, mais également la galerie de personnages est très soignées et surtout renouvellent bien la franchise. Plusieurs fans pestent que les personnages ressemblent trop à leur version du XXème siècle car en effet Teshirogi a décidé de conserver les attributs physiques des personnages mais comme le style est différents et que les personnalités diffèrent également, ce n'est pas du tout gênant, c'est même intéressant de voir comment l'autrice s'approprie l'univers déjà existant de Kurumada et encore une fois, les personnages n'ont pas (exactement) le même caractère voire pas du tout donc ce sont bien des personnages authentiques.
Dégel du Verseau est très différent de Camus, Manigoldo du Cancer est très différent de Deathmask et ainsi de suite et c'est cela qui est passionnant, voire les variations d'un mythe, lorsqu'il est confié par un autre auteur, et chose absolument géniale aussi, c'est que tous les Gold Saint sont traités avec une grande maîtrise et maturité, et les voir tomber les uns après les autres au combat est probablement ce qui tient le plus en haleine le lecteur. Albafica ouvre le bal en redonnant les lettres de noblesse à son signe et puis c'est aux tours des autres chevaliers. Chaque chevalier d'or accomplira son petit miracle avant de tomber et mine de rien, la tragédie engendré par cette perte n'avait jamais été aussi bien traitée dans le Saint Seiya de Kurumada qui voit pourtant tous ses gold mourir également, mais personnellement j'ai largement préféré la manière de faire de Teshirogi...qui en plus se paye d'avoir bien plus approfondi ses personnages en leur ajoutant un background, ou une personnalité forte.
Loin de moi l'idée de critiquer Kurumada, mais le maître ne peut pas faire le poids. Déjà The lost canvas bénéfice de 25 tomes pour développer la bataille d'Hadès contre à peine 10 dans le manga d'origine. Là où cette dernière était obligée de rusher certains combats, jusqu'à Hadès lui-même qui ne fait pas un tome, Teshirogi elle, a le temps de rajouter des adversaires, de peaufiner chaque persos, d'ajouter des sous-intrigues, du moins jusqu'à l'arc final.
Il y a cependant à redire sur certains choix de l'autrice. Des éléments qui dénotent beaucoup trop avec la saga, je pense par exemple au tome 15 où les chevaliers d'Athéna doivent réparer une Arche, sorte de gros navire pour accéder aux mondes d'Hadès, ou encore le personnage de de Yôma qui sort de nul part, ou même Partitia, la mère de Pégase. Certains personnages sont même loupés comme Pandore ou Sacha (pas pour les mêmes raisons). On pourra aussi reprocher le fait qu'on se focalise trop sur les Gold et que Tenma et les autres chevaliers de rang inférieur se font souvent piquer la vedette mais je pense que ce partie pris était assumé dès le départ. De plus en relisant l’œuvre, je me suis rendu compte que Tenma était quasi omniprésent dans le récit, il a le droit à sa propre histoire en parallèle et on suit chaque étape de son ascension. C'est vrai que Tenma évolue très vite, en peu de combats finalement, mais tout est plus ou moins expliqué dans le scénario pour accepter cela. C'est un Régulus bis qui n'est que bronze et c'est aussi accessoirement la réincarnation du Pégase (chevalier ou cheval ) qui a blessé Hadès dans les temps mythologique donc son âme est divine.
Malgré ces quelques partis pris ou errances (selon votre ressenti), il n'y a rien à redire de ce manga qui enrichit un peu plus la déjà très riche mythologie de l’œuvre. On a des personnages mieux développés, de nouveaux spectres avec leurs totems et même les spectres, que ce soit les juges ou certains spectres plus mineurs ont le droit au même traitement que les Golds, c'est un vrai plaisir à suivre. Le dessin est vraiment à tomber par terre, plus en finesse que les traits un peu grossiers de Kurumada qui a même régressé avec Next Dimension mais là encore il y a une nuance à apporter, c'est parfois illisible là où Kurumada est toujours traits clair dans l'action et la mise en page.
Et On pourrait parler aussi des Chronicles qui sont une extension plus que bienvenu. Mais ce sera l'objet d'une autre critique, où j'essayerai de décortiquer chaque tome car chaque tome raconte une histoire...
Fan de Saint Seiya, foncez ! Le scénario est super, les dessins sont exceptionnels, même les détracteurs de l’œuvre le reconnaisse. L'émotion est plus qu'au rendez-vous, elle transpire dans chaque planche.