Si c'est sale, il faut blanchir !
Sale Fric est une bande dessinée qui n'est pas ratée, mais qui n'est pas réussie non plus. Une frustration en somme. On est comme retenue sans arrêt au bord du précipice, ne demandant qu'à plonger véritablement dans cet univers, mais l'immersion ne vient pas. Au mieux on a ressenti un petit coup de vertige.
A cela plusieurs raisons selon moi :
1/ Brian Azzarello connait et maitrise sans aucun doute les codes du roman noir et du polar. Les ingrédients sont là, bien structurés. Ce qui rend le tout relativement solide et installe assez efficacement l'atmosphère (seule véritable réussite de l'oeuvre). Seulement le scénario n'est pas très inspiré, on a davantage la sensation de lire un résumé de ce que pourrait être un polar qu'une histoire unique et entière. Et la fin laisse indifférent, voire même deçoit, là où elle aurait pu donner de l'ampleur au récit (cf. Parker de Darwyn Cooke).
2/ Le dessin de Victor Santos n'est pas toujours très clair, produisant certaines cases où l'on a du mal à reconnaitre les différents protagonistes. Malheurseusement elles sont trop nombreuses pour en faire des exceptions.
Et l'on sent certes une inspiration bienvenue de Sin City, mais cet apport ne semble pas avoir été encore bien digéré par l'artiste. Le graphisme est bien en deça de celui de Frank Miller. Il aurait fallu en faire plus, assumer plus cette descendance, ou au contraire s'en éloigner d'avantage, pour en faire plus un hommage qu'un insipration.
Le tout se laisse lire, mais ne marquera aucun esprit, si ce n'est par un manque d'inspiration flagrant, ce petit souffle que tout lecteur espère ressentir en se plongeant dans de la fiction.