Premier album de Mathieu Bablet pour moi, et Shangri-La impressionne immédiatement par son dessin.
Les décors, le souci du détail, les visages, le design général, cette manière de représenter l'immensité et le vide spatial... Visuellement, c'est assez incroyable. C'est clairement ce que je retiendrai en premier de cette lecture.
Sur le fond, Bablet ne manque pas non plus d'ambition. Consumérisme, manipulation par la publicité et les médias, religion, écologie, transhumanisme, condition animale... Il brasse énormément de thèmes et certaines idées sont franchement glaçantes. Mention spéciale aux animoïdes, créés par les humains notamment pour pouvoir passer leurs nerfs sur eux.
C'est malheureusement dans l'écriture que j'ai davantage de réserves. L'intrigue emprunte de grosses ficelles et certains changements chez les personnages sont beaucoup trop téléphonés. Mais ce sont surtout les dialogues qui m'ont gêné. Ils en font régulièrement des caisses, avec des personnages qui ne parlent tout simplement pas comme de vraies personnes.
Et c'est d'autant plus dommage que le dessin de Bablet est suffisamment riche pour ne pas avoir besoin de tout expliquer. Certaines idées passent déjà parfaitement par l'image sans qu'un personnage vienne ensuite les souligner.
Avec une écriture plus subtile, j'aurais probablement mis 8. Ce sera donc 7/10, mais certainement pas la fin de mon histoire avec Bablet : Carbone & Silicium m'attend déjà pour lui donner une deuxième chance.