Shin Zero, Tome 1 réussit là où il aurait facilement pu tomber dans le simple hommage nostalgique : reprendre les codes du sentai, des kaijus et des héros en costumes colorés pour en faire une fable moderne sur la précarité, la perte de sens et l’envie de croire encore à quelque chose. Mathieu Bablet et Guillaume Singelin ne se contentent pas de “dé-ringardiser” l’imaginaire Power Rangers : ils le déplacent dans un monde désabusé, où les anciens sauveurs sont devenus inutiles et où les nouveaux héros ressemblent davantage à une jeunesse sous pression qu’à des élus flamboyants.
Le dessin de Singelin porte énormément le livre : nerveux, lisible, expressif, avec une identité visuelle très forte qui donne du relief à cet univers hybride, quelque part entre manga, BD européenne et culture pop japonaise. Le scénario, lui, pose des bases solides et accrocheuses, même si ce premier tome garde forcément une part d’exposition et donne parfois l’impression de retenir encore son plein potentiel.
Un démarrage très réussi : généreux, malin, visuellement marquant, et suffisamment singulier pour donner envie de suivre la suite de près. Une entrée en matière qui tape fort. Je me plonge sans plus tarder dans le Tome 2.
J'ai beaucoup aimé. 8/10