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le 24 sept. 2017
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À quoi ça ressemble ? L'article illustré est là :) http://branchesculture.com/2017/10/17/valerian-laureline-vus-par-lupano-lauffray-shingouzlooz-inc-sauvetage-terre-gaffes-sexisme-pollution-retraite-hommage-reprise-humour-aventure-science-fiction/
Après un Pilote spécial sorti à l’occasion du film et invitant pas mal de pointures à donner au format court leur vision des deux personnages et de leur univers créés par Christin et Mézières, place au format long en compagnie de Wilfrid Lupano et Mathieu Lauffray. Les Shingouz ont foiré et voilà que la mission de Valérian et Laureline qui devait n’être qu’une simple formalité est détournée. C’est rien de moins que la planète Terre est menacée !
Résumé de l’éditeur : À la suite d’une malencontreuse partie de cartes, les shingouz perdent la propriété de leur société, La Shingouzlooz.Inc. Or il se trouve que cette société, à cause d’une approximation dans l’interprétation des lois intergalactiques, est détentrice de la Terre ! Valérian – par ailleurs très préoccupé par sa future retraite d’agent spatio-temporel – et Laureline doivent rattraper cette bourde et convaincre le nouveau propriétaire, un certain Sha-Oo, « l’Assoifeur de monde », de la restituer à Galaxity.
On a beau retourner le problème dans tous les sens, on arrive toujours à la même conclusion : c’est un véritable festival que nous offrent les deux auteurs pour cette reprise. On n’aime jamais tant les reprises et hommages que quand ceux-ci sont décomplexés, qu’ils résistent à la tyrannie et l’oppression de faire comme les auteurs originaux, de ne pas trop dévier des chemins qu’ils ont balisés. Je ne pense pas que la réussite soit toujours affaire de fidélité exacerbée.
Je ne comprends d’ailleurs pas que, quand reprise il y a (à la suite du décès des auteurs originels ou d’un départ à la retraite) que certains auteurs puissent brider, briser leur trait pour continuer une oeuvre de mimétisme au lieu de tirer les personnages à eux (de ce côté-là, on est donc plus Spirou qu’Astérix). Soit, là n’est pas la question puisque Lupano et Lauffray évitent les pièges avec brio (et, franchement, connaissant ces deux créateurs protéiformes plus que caméléons, on n’en doutait pas).
Burlesque, inattendu et toujours aussi aventureux (mais pas à n’importe quel prix, et pas forcément pour une retraite de misère, hein Valérian ?), le tout dans un décor édifiant qui porte la marque Lauffray, ce Shingouzlooz Inc. est un grand cru qui suit la trace du Lucky Luke de Bonhomme mais aussi de celui de Bouzard, pour ne parler que de l’homme qui tire plus vite que son ombre. Une réinvention, une réappropriation mais avec le talent de retrouver aussi le bon goût des ingrédients qui nous ont fait aimer une série. Et cet apport moderne et actuel que Christin et Mézières n’ont eu de cesse de prôner dans leurs albums.
Ainsi, bien qu’à des années-lumière de notre bonne vieille planète bleue (qui risque de moins l’être si la bande de vampires stellaires de l’Assoifeur se décide à lancer l’assaut et les sceaux), si celle-ci est en danger, elle n’est pas une planète parmi tant d’autres et nos deux héros (ceux renfermés dans l’album mais aussi ceux qui l’ont conçu) sont concernés ! En ce, ils ont toujours le don de nous parler de nos problèmes, de la pollution, des paradis fiscaux, du rapport à la privatisation de la planète, de notre rapport à l’image de la Femme (tiens, tiens, par les temps qui courent) quand on apprend que Laureline pourrait prêter son effigie à des clones très sexy. Des allusions par petites touches, par des gags, une réplique ça ou là, c’est anodin et pourtant bien présent et remarquablement fluide car si cela nuance et enrichit l’aventure, ça n’empêche en rien sa tenue fun et à sensations fortes.
C’est fluide et étincelant. En 54 pages, Lupano et Lauffray, par leur vision, permettent à Valérian (un tant soit peu loser magnifique, ici) et Laureline de faire un bond en avant, de ne pas être dénaturés mais de s’offrir des nouvelles têtes, du sang neuf et un univers qui s’étend d’un coup. Tout est parfait, jusqu’à ce maniement malin des paradoxes temporels. Le genre d’album qui nous fait dire sans nous forcer : « vive les reprises »!
Créée
le 18 oct. 2017
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