Cette BD est une adaptation du livre "Son odeur après la pluie". Le texte original est de Cédric SAPIN-DUFOUR (qui est le narrateur et le personnage principal de l'histoire) tandis que la BD a été créée par José Luis MUNUERA.
L'histoire est conservée : après le décès de son premier chien, un professeur de sport vivant dans les Alpes adopte, sur un coup de tête, un bébé bouvier bernois qu'il nommera Ubac. L'histoire raconte la vie de ce chien et les changements qu'il imposera naturellement au quotidien du narrateur.
Le lecteur est, sur le plan émotionnel, plus proche de l'histoire, ce qui est un avantage que les BD ont sur les romans. Les scènes de joie le sont encore plus avec des images ; la scène de l'école était encore plus drôle. Mais cela veut également dire que les scènes de tristesse sont encore plus crève-cœur que dans le texte original. Sans révéler la conclusion (que l'on peut deviner sans trop de mal), la fin de l'histoire m'a serré le cœur de manière aussi forte que dans le roman. De plus, la BD m'a fait découvrir une affection particulière pour les vieux voisins, ce que le roman n'avait pas réussi à faire.
Sur le plan graphique, je ne connaissais pas le style de José Luis MUNUERA avant la lecture de cette BD. Ce fut une très bonne découverte : le chien Ubac est resté extrêmement beau et mignon du début à la fin. Les paysages étaient également très beaux. Le choix des couleurs est classique et proche de la réalité, mais très bien appliquées.
Comme dans le roman, cette BD parle de l'attachement que l'on peut avoir envers un animal et ce que la compagnie d'un animal change dans la vie d'un être humain. Elle parle aussi de philosophie : la vieillesse, le décès, le deuil et le fait de survivre ceux que l'on aime ("Je n'avais pas fini de l'aimé" est une phrase puissante prononcée par le vieux voisin et qui illustre parfaitement ce sentiment.).
Ce que j'avais reproché au texte original était un vocabulaire très complexe et des phrases alambiquées ; qui n'offrait pas une très bonne accessibilité. Moi qui lis énormément, j'avais dû sortir le dictionnaire plus d'une fois, ce que je ne fais que très rarement. Cela n'avait pas forcément été très agréable. Le format BD est donc une excellente idée, car les mots difficiles sont changés au profit d'un texte accessible au plus grand nombre, sans oublier que la lecture des images est à la portée du grand public.
Ceci est une BD que je recommande, autant pour les amoureux des animaux que pour tout les autres.