Manga écrit par des hommes pour des hommes. D'ailleurs c'est ce qu'avoue les interviews de l'auteur : Emanon est un fantasme à la base de tout, un fantasme pensé jolie, pensé parfaite, et alors, cela en tête, on repense à la nudité omni présente de l'héroïne, qui n'est que l'avatar des désirs de son créateur. Quant à la fameuse contemplation dont tout le monde parle, elle est en réalité absente, au contraire ça parle beaucoup trop, expliquant et racontant sans cesse, des principes et des histoires qu'on aurait pu deviner ou entrapercevoir si l'auteur avait su nous le montrer plus subtilement par le dessin, plutôt que de se perdre en dialogues maladroits. À partir du second tome la figure spectrale du personnage est réduite aux règles qu'on lui a imposé dans le premier volume, et alors se dessine une intrigue dont on se passerait. Le fait que ça palabre pas mal rend cette idée de l'immortalité semblable à un mauvais pitch de SF (ça va s'empirer avec l'arrivée des X-Men au tome 4), tout ça démystifie totalement l'espèce d'errance temporelle qu'on essaie de nous faire ressentir. J'ai cependant bien aimé le fait que cette mise en place d'intrigue à la fin du tome 2 soit tout simplement avorté dans le troisième volume (selon l'auteur, c'était sensé amorcer ce qui arrivera dans plusieus tomes car le déroulé de l'histoire est chronologique, mais dieu merci la série a été annulée à temps, laissant ce bon point au manga). Le quatrième volume confirme cependant le tout et enfonce le peu de subtilité dont avait fait preuve le premier : c'est une épopée écrite par des adolescents mentaux, les faits sont là, on enchaine les personnages archétypaux, les dialogues creux et les topoï scénaristiques ridicules (le dessin, quant à lui, s'il se défend, ne suffit pas à sauver le tout). En bref je ne comprends pas les notes mirobolantes, rien ne m'a semblé ici transcendant.