C'est compliqué comme œuvre. Officiellement, c'est un seinen, alors oui, on s'attend à ce que le fan service ait sa place. Mais là, on dépasse les bornes, c'est du ecchi ou quoi? C'est dommage, parce que sous cette couche de grivoiserie, il y a du combat, du brutal, du saignant. La mise en scène est absurde, délirante, parfois surréaliste, mais elle a vraiment un truc.
Le souci, c'est que l'histoire ne tient pas debout. Un peu comme Baki, c'est une succession de bastons où la logique passe après le spectacle. Sauf que contrairement à Baki où les personnages incarnent une certaine mentalité japonaise réaliste (la voie du guerrier, l'honneur, la discipline), ici, on est souvent dans la caricature pure.
Ce qui m'a le plus dérangé, c'est la nature de ce fan service. Il n'est pas juste "coquin" ; il est particulièrement violent. On a des scènes d'agression sexuelle, de harcèlement, de nudité forcée qui sont présentées de manière légère, voire humoristique. Ça nourrit le fantasme de certains, certes, mais ça m'a mis mal à l'aise. C'est cette violence sexualisée, banalisée par le trait humoristique, qui crée un malaise constant et empêche d'adhérer à l'histoire.
J'ai su m'amuser, je ne vais pas mentir. Il y a un côté "nanar" assumé, des combats chorégraphiés de façon dingue. Mais j'ai toujours lu ce manga d'un peu loin quand je l'avais dans les mains, j'assumais à peine. C'est une œuvre qu'on apprécie avec des pincettes, en admirant le dessin et l'action, tout en rejetant fermement une grande partie de son traitement des relations humaines.