Depuis quelques tomes, "The Walking Dead" fait clairement débat : la séie doit-elle continuer pour s'éloigner toujours plus du modèle original, ou doit-elle, finalement, s'arrêter là, et laisser le bon souvenir des premiers tomes à l'esprit de celui qui les relira? Carrément pas. C'est justement là que cela devient le plus intéressant : Kirkman part dans son délire, et innove clairement dans le genre. On ne va quand même pas lui repprocher de vouloir changer d'horyzons, non?
Car à présent, "TWD" prend une tout autre tournure, virant, par moments, dans le pur récit de guerre. Sauf que cela a du sens. Car bien plus qu'une série de comics sur des zombies, ce sont surtout les humains qui tiennent place de personnages centraux pour l'intrigue, la preuve étant la quasi disparition des mordeurs durant plusieurs tomes consécutifs.
Car bien plus que de l'horreur, ce sont surtout les rapports entre les hommes, entre les survivants de cette apocalypse zombie qui sont mis en avant. Et comme la série ( qui s'en inspire grandement, cela va de soi ), les hommes prennent le pas sur les rôdeurs. Car Walking Dead, c'est avant tout une aventure humaine, une épopée nous permettant de suivre les alés survivalistes d'une poignée de personnages très attachants.
Et je dirai de ce vingtième tome que c'est une nouvelle étape de franchie vers la troisième phase de la série. Mieux, on tient là le point culminant de l'affrontement Rick/Negan, le point d'orgue de la guerre entre humains, au point que le récit commence à prendre des airs de journal de guerre. C'est un massacre. De cela, on ne pourra nullement douter. Mais c'est un massacre jouissif, seulement.
Car la nuance est importante : le récit ne se perd pas dans la tuerie la plus totale, et cherche plus à mettre à jour l'intrigue qu'à faire du tri, même si l'un va intrinsèquement avec l'autre. Car ce Walking Dead ci, c'est un drame humain à échelle planétaire : ses répercussions dans la psychologie des différents protagonistes du récit seront, sinon terribles, bien douloureuses.
Et justement, cet aspect souvenirs de guerre dont je vous parlais plus haut, on le retrouve avec l'apparition des pensées d'un personnage dont je tairais le nom ( remière fois de la saga que l'on assiste à ce genre de narration, je tiens à le préciser ). Néanmoins, c'est un passage marquant dans l'histoire Kirkmanienne, un instant qui fera date dans nos vies comme dans la leur, dans celles de ces personnages torturés ( tant psychologiquement que physiquement ).
Et ce journal de guerre, très bien écrit, donne une autre dimension au récit, une dimension pûrement démesurée : on a comme l'impression que ce conflit entre Rick et Negan s'étend au monde entier, comme si l'on ne peut pouvait trouver d'espoir nul part. De plus, cela donne un profond aspect réaliste et militaire au personnage. Et devant ce spectacle, on a comme l'impression d'être un grand stratège.
De Napoléon à Waterloo, de Caesar à la Guerre des Gaules, tous ont mené à ce point culminant du récit où les grands esprits se rencontrent et se, confondant dans cet abysse de noirceur et de violence, jaillissent à nos yeux d'un violent éclat explosif. Walking Dead ne sera plus jamais pareil, c'est une évidence. Et loin de moi l'argument du "C'était mieux avant", car ce serait simplement vous mentir que d'oser le proférer.