Tamara Drewe mixe roman et bande dessinée comme je ne l'ai jamais vu auparavant. Les protagonistes sont des clichés, sur une intrigue bateau (une retraite d'écrivains perturbée par l'arrivée d'une jolie fille). Pourtant, chaque personnage, narrateur tour à tour, rend humain ce qui était cliché. Et on ne peux s'empêcher d'éprouver une grande empathie pour chacun d'entre eux. Même si leurs comportement ne sont pas reluisants, il n'y a ni gentils ni méchants. Juste un peu de chacun de nous.
La mise en page articule de façon judicieuse les textes et la BD. Le trait, sensible, ferait presque humer l'odeur de la ferme. Les personnages, en quelques coups de crayons, restent bien identifiables, tout en restant communs.
Je dis la chose tout net, puisqu'il semblerai qu'on doive évaluer Tamara Drewe au regard de Gemma Bovary. Je n'ai pas (encore) lu Gemma Bovary
L'intrigue parvient à mêler le prévisible du quotidien et l'imprévisible nécessaire au roman. La mort des deux personnages à la fin est très bien amenée, dans le sens où elles sont totalement imprévisibles. Mais ce ne sont pas pour autant des morts "faciles" qui permettent de dénouer le récit, puisqu'elles ont le mérite d'être originales dans la forme : mourir en sniffant de l'aérosol pour nettoyage d'ordinateur et piétiné par un troupeau de vaches... chapeau Mme Simmonds !