Zach est un adolescent comme un autre. Un jour, une météorite tombe dans la forêt qu’il a l’habitude de visiter et, lorsqu’il se rend dans le cratère, il trouve un extraterrestre mourant qui lui transmet une étrange combinaison. Cette armure intelligente le transforme en superhéros. Il est désormais Tech Jacket, un gardien galactique.
Cette critique couvre les 4 tomes.
Robert Kirkman est un vieux routard des comics. Outre les classiques comme Spiderman, Spawn et les X-Men, il a créé des séries originales. La plus connue est sans doute Walking Dead, mais il est également le père de Outcast et de Invincible. Tech Jacket est un spin off de cette dernière série et met en vedette l’un des superhéros annexes de ce monde.
Cette série s’adresse à un public plus jeune. Le dessin, produit par E.J. Su, a un air de manga qui plonge le lecteur dans une ambiance simple, voire naïve. Ensuite, l’histoire sort tout droit d’un dessin animé des années 80. Une race extraterrestre très avancée transmet par accident son arme ultime à un terrien qui peut ainsi les défendre contre leur ennemi ancestral. Et il se tape même la princesse (ami puriste, respire un grand coup pour cette approximation, j’y reviendrai plus loin) !
Coté superpouvoirs, Tech Jacket ressemble à Venom, les lasers en plus et les palabres de l’armure en moins. Zach est dans un genre de symbiote à tentacules qui s’adapte, le répare et fait le café. Mouais, niveau originalité, un rayon à particule, des nanorobots, des ondes gravitationnelles ou même un déphaseur façon Rom (les vieux le connaissent) aurait apporté un poil de nouveauté.
Le problème de cette BD, c’est que Robert Kirkman aime le glauque. À l’instar de la série mère Invincible, l’histoire d’amour est fracassée à la pioche. On a d’ailleurs droit aux dernières nouveautés wokes, Zach se mettant en trouple bisexuel sous le signe du polyamour ; tout un programme qui ne sert qu’à faire souffrir ce héros qui n’était pas forcément partant pour ce plan foireux. La petite amie potentielle du début, qui ressort d’un chapeau à la toute fin ne sera jamais que mentionnée (je ne spoile rien, on se contrefout de ce personnage).
D’un point de vue psychologique, Tech Jacket est un conte œdipien où Zach ne peut pas prendre femme et reste soumis à maman qui le régente du premier au dernier tome en lui interdisant formellement de coucher. Elle se mêle de sa vie sentimentale et sexuelle pendant que papa se complaît dans son rôle de copain dépressif. La déclaration d’amour entre cette femme qui ne paraît pas du tout assez âgée et son fils est plus que malsaine.
Tech Jacket n’apporte rien aux superhéros ni à la bande dessinée. La série n’est pas vilaine, l’histoire se laisse lire, mais les incohérences avec Invincible (le méchant de la fin aurait dû être remarqué par les Vitlrumites) ainsi que la détestable perversion sentimentale la bannissent des bons livres. Pour meubler quelques après-midi, tout au plus…