Je l’ai lu il y a deux mois et mon souvenir est déjà assez diffus.
Le début fonctionne plutôt bien. On découvre l’Angleterre de l’époque, son système judiciaire particulièrement brutal, les prisons, la misère et surtout toute une galerie de personnages aux destins très différents.
Le problème, c’est que le bateau met énormément de temps à partir. Et après avoir passé autant de temps à nous présenter tous ces personnages, j’attendais forcément que leurs histoires finissent par payer. Mais plusieurs personnages longuement suivis disparaissent ensuite presque du récit, avec parfois leur destin simplement résumé dans l’épilogue. Narrativement, l’investissement demandé au lecteur n’est donc pas toujours récompensé.
Et lorsque le bateau arrive enfin en Australie, le livre approche déjà largement de sa fin. C’est dommage, car c’est précisément là que j’aurais aimé qu’il prenne davantage son temps.
Les Aborigènes sont présents, mais leur monde reste relativement peu développé : leurs coutumes, leurs croyances, leur art, leur organisation sociale ou encore leurs réactions face à l’arrivée des Britanniques sont beaucoup moins explorés que le parcours des Européens.
Même l’enlèvement de deux Aborigènes ouvre des questions passionnantes : comment leur disparition est-elle vécue par les leurs ? Que se passe-t-il dans leur communauté pendant leur absence ? Comment sont-ils accueillis lorsqu’ils reviennent ? Là encore, le récit ne s’y attarde finalement que très peu.
Bref, beaucoup de temps passé à connaître ceux qui arrivent, sans toujours offrir une conclusion satisfaisante à leurs parcours, et pas assez de temps consacré à ceux qui étaient déjà là. Quand le véritable choc entre les deux mondes devient enfin le sujet central, la BD touche presque à sa fin.
C’est une fresque historique à lire, mais son équilibre narratif m’a laissé sur ma faim.
6/10