Après "Championzé", l'histoire du premier champion du monde de boxe noir, le duo Ducoudray / Vaccaro reprennent les gants pour nous conter la vie, trop courte, du jeune Victor Young Perez, champion du monde de boxe catégorie poids mouche, qui né dans une des périodes les plus sombres de l'histoire.
Juif de confession, il se passionne assez vite pour les matchs de boxe et décide de suivre les pas de son frère aîné.
Il se fait assez vite remarquer et commence petit à petit à monter les marches du succès jusqu'à la place tant convoitée de champion du monde.
Pourtant, il n'en profitera guère quand la guerre éclate en Europe.

A travers le sport, Aurélien Ducoudray continue son analyse humaniste, pointant du doigts les pires erreurs humaines mais aussi en nous racontant un destin hors normes.
Le scénariste choisi de traiter cette biographie de façon originale, alternant les scènes de son passé de champion avec celle des camps de concentration.
La parallèle s'avère frappant même s'il a la grande qualité de démontrer que Young Perez ne change pas vraiment et reste le même. Une ligne de conduite qu'il gardera jusqu'à sa mort et qui définit tout le personnage
Ici, la boxe n'est qu'un prétexte , prétexte à montrer une vie à part dans les camps d'Auschwitz où le jeune homme se retrouve à combattre puis à entraîner des hommes pour le plaisir des généraux allemands et qui profitera de cette situation "privilégiée" pour aider à sa manière ses amis.
Car comme il le dit si bien le plus important dans la vie ce sont les amis et la famille.
D'ailleurs , c'est un peu le seul reproche qu'on peut faire à cette histoire. Sur ses proches , son entourage, on ne sait rien. Que sont ils devenus, ils ont forcement été incarcérés eux aussi, voir tués , peut être .
Aurélien Ducoudray a préféré laisser de côté cet aspect du personnage sûrement pour se concentrer essentiellement sur sa vie ( et non celle des autres)

Et comment parler de ce livre sans évoque la prestation d'Eddy Vaccaro, un crayonné exceptionnel, une narration fluide et un vrai sens du rythme quand il s'agit d'illustrer les combats de Young Perez.
On commence à être habitué mais il est toujours bon de le répéter : Eddy Vaccaro est un grand Mr de la bande dessinée.

On a l'impression, un peu fausse, qu'on a tout raconté sur les camps de concentration, qu'on en apprendra plus et d'une certaine façon , c'est assez vrai.
Mais le but dans ce genre d'entreprise , ce n'est pas de nous "apprendre" quelque chose mais juste nous montrer que même lors des pires périodes de l'histoire humaine, certaines hommes se révèlent naturellement bon et généreux.
Des hommes à part pour un destin à part.

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