Thèmes : famille, relation père-fils, pardon
L’auteur raconte sa jeunesse, sous le prisme des relations avec son père. Fils aîné, Jean-Louis passe beaucoup de moments complices avec son père, instituteur et communiste engagé. Après la naissance de ses frères, les tensions montent entre les parents, mais l’auteur nous relate encore beaucoup d’anecdotes joyeuses et colorées. L’adolescence est difficile, Jean-Louis enchaîne les bêtises pour défier son père, et rêve d’indépendance, les parents divorcent…
Moins dramatique que « Petit frère », mais dans le même registre introspectif, Jean-Louis Tripp se replonge dans ses sentiments pour son père, entre amour et détestation.
Pour le lecteur, c’est un récit doux-amer, touchant et à portée universelle. Une jeunesse française typiquement « années 1960 », d’enfants d’instituteurs communistes, navigant entre méthode traditionnelle et méthode Freinet. Deux ambiances en particulier sont très évocatrices : les vacances sur les routes de France en caravane, et les voyages dans les « pays amis » communistes.
Ponctuée de pages représentant les pulsions violentes qu’il a pu ressentir pour son père, cette BD est une manière de faire la paix avec lui-même et avec son père décédé. Malgré une narration non chronologique, le récit est cohérent et fluide.
Le trait rond de Tripp rend bien les expressions et donne une grande bonhommie au père. Père et fils se ressemblent mais ont chacun leurs signes distinctifs. Le dessin est principalement en noir et blanc, avec une utilisation parcimonieuse de la couleur, seulement quand elle a un sens particulier pour l’auteur.
8-9 bulles
A écouter avec une musique d’époque : Father & son, de Cat Stevens.