Au milieu de cette bd, une révélation m'est apparue alors qu'elle était évidente : Charles Berberian, l'auteur de bd du Journal d'Henriette et de pas mal de bd (notamment avec son collègue Dupuy) est le frère d'Alain Berberian, le réalisateur de la Cité de la Peur.
Une filiation qui apparait dans cette bd, ainsi qu'entre autres anecdotes à l'issue d'un voyage au Liban où sous prétexte de couvrir l'explosion dans le port de Beyrouth qui avait eu lieu en 2022, Charles Berberian revisite sa jeunesse, notamment les quelques années durant lesquelles lui et Alain se sont retrouvés sous la tutelle de leur grand mère Yaya, une adorable vieille dame qui vivait dans un luxueux immeuble. Luxueux immeuble, qui d'ailleurs a été en partie détruit lors d'un attentat de 2005 qui a coûté la vie de Raffik Hariri.
Même si la bd est très morcelée (j'ai vraiment eu du mal au début de savoir ce que Berberian voulait raconter) c'est vraiment étonnant à quel point la petite histoire rejoint la grande. Et au fond, c'est cela qui est réussi : entre deux récits d'enfances, auquel on peut s'identifier, il parle aussi de l'état d'un pays, le liban et des différentes transformations depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sans avoir l'impression d'être hors sujet ou didactique. Et à côté de ça on en apprend plus sur qui est Charles Berbérian, sur les rapports qu'il avait avec son frère (le fameux Alain) son adorable grand mère et sur comment on grandit dans un pays en guerre.